Final Doctor #3

VII.
Dans le désert…

─ Bonjour.
─ Oh! Bonjour!
Même si la faculté de Trabia avait été reconstruite, Selphie Tilmitt continuait à hanter la BGU. Elle avait réussi à se placer à la présidence du campus, profitant du mépris de Squall pour la vie estudiantine. Et pour la vie des étudiants aussi, d’ailleurs.
Si les années commençaient à atténuer ses traits enfantins, elle n’avait rien perdu de son enthousiasme communicatif. Et si ce même enthousiasme s’arrêtait toujours aux refus de Squall, Linoa elle, trouvait toujours le moyen de faire passer les projets toujours dispendieux et souvent ridicules de Selphie. Cette fois-ci elle s’était levée aux aurores pour organiser la cérémonie d’accueil des nouveaux étudiants.

─ C’est curieux, je n’ai pas l’impression de vous avoir déjà vu à la BGU. Vous êtes…?
─ Le Docteur.
─ Le docteur qui?
─ Exactement.
─ Ah d’accord… Il est marrant votre chapeau, c’est quoi?
Selphie se dressait sur la pointe des pied pour essayer de le toucher.
─ C’est un fez. Et les fez, c’est cool.
─ Ah j’aime bien ce truc là, s’amusa Selphie. Dites, comme vous semblez être le nouveau docteur, je vous fait visiter?
─ Allons-y, répondit le Docteur.
_________________

Au même moment, bien au-dessus de cette rencontre sans grand intérêt, dans un océan de vide infini, un vaisseau spatial vogue parmi les étoiles. Et encore, voguer est un bien grand mot quand il est question ici d’être ballotté en tout sens. Nous qualifions l’objet de notre description de vaisseau spatial, c’est bien parce qu’il semble avoir les habilitations nécessaires pour transporter des passagers dans l’espace. Car à part cela, sa plastique évoque plutôt un système de télécommunications daté et surtout inexistant dans l’univers où nous nous trouvons actuellement, nous n’allons donc pas nous y attarder outre mesure, car il n’existe pas.
Et dans cette univers de fantaisie où la magie cohabite avec la technologie, les représentants de deux mondes distants sont en pleine réunion à l’intérieur même de la « Police Box » (le vaisseau spatial qui n’existe pas, donc) et que je ne décrivais pas une minute plus tôt.

─ Alors! On va pouvoir se présenter maintenant. Je suis Squall Leonhart, directeur de pensionnat pour jeunes filles et voici Zell Dintch, mon professeur de fitness. Vous êtes, vous m’avez dit?
─ Tidus.
─ D’aaaccord. Mais vous avez un nom peut-être?
─ Tidus?
─ C’est malin tu l’as cassé, s’inquiéta Squall tourné vers Zell.
─ Ah non. Je ne l’ai pas tapé, je l’ai invité à me suivre, se défendit l’intéressé.

Squall jeta un regard noir à son compagnon, pendant que le dénommé Tidus essayait de prendre ses marques dans ce nouvel environnement. Tout était nouveau. Pour la troisième fois de la journée, d’ailleurs… Il expliqua qu’il était parti pour disputer un match de Blitzball. Squall cru comprendre que c’était un sport qui impliquait un ballon et une piscine. Puis visiblement un gros monstre s’était invité dans la piscine en aspergeant tout le monde et ça avait jeté le blondinet à la mer où il avait rencontré une fille qui parlait une autre langue mais qui l’a convaincu de combattre un autre monstre, et là le monstre du début est revenu et a re-asperger tout le monde en re-déplaçant notre Tidus sur la plage où Zell lui a foncé dessus.

Après avoir analyser toutes ses données, la conclusion de Squall était parfaitement claire et logique: Il avait récupéré une espèce de fou furieux qui allait les coller pendant longtemps.

─ Sinon, demanda Tidus. Vous avez de quoi manger?
« Ça y est, c’est foutu » Squall eut une bouffée d’angoisse. « Il va tout manger, il va nous taxer notre pognon, je vais devoir vendre la BGU… Tiens, c’est pas con, ça… » se dit-il.
A cette question, Zell mit dans un réflexe ses mains dans les poches, il y sentit le contact rassurant d’un bretzel, de sa croûte dorée, de ses grains de sel, de sa mie généreuse et de…

─ Non, désolé, affirma un Zell contrit. Vraiment, on a rien…

Il parait que l’espace, personne ne vous entend crier. C’est tout à fait vrai, il vous faut de l’air pour ça. Mais on oublie un autre détail: Dans l’espace, il n’y a rien pour vous donner l’heure. Squall, levé aux aurores, n’avait pas pris de montre. Zell non plus et Tidus semblait ignorer ce qu’était une montre. Impossible de connaitre le nombre d’heures écoulés. Impossible de déterminer si le vaisseau dérivait toujours dans l’espace et de savoir à quoi il fonctionnait. Visiblement aux coups reçus, vu la cloison défoncée, les marques de phalanges et l’entaille profonde qui parachevait le vandalisme.

Les trois hommes discutèrent encore quelques temps. Squall prenait le temps d’expliquer  leur situation au nouveau venu qui ne semblait pas être finalement un méchant bougre. Ils se perdaient surtout en spéculations sur la machine, ses dimensions, sa technologie étranges et son propriétaire. Pour ce dernier, l’imagination de Squall commençait à se perdre entre un cassage de figure en règle ou des supplices plus imaginatifs, dont un impliquait la serre de combat et Selphie en train de chanter.

C’est sur ces perspectives réjouissantes que la cabine eut une sorte de soubresaut. Tous trois tendirent les bras prêts à saisir le moindre bout de tôle auquel  ils pourraient se raccrocher.

Un nouveau tremblement, continu et decrescendo eut lieu, puis le silence.
─ On est arrivé quelque part? demanda Tidus.
─ Ca m’en a tout l’air. Descends et fais un topo, ordonna Squall.
─ Et mais pourquoi! se plaignit Zell.
─ Parce que pour la énième fois, c’est à cause de toi si on est dans cette merde, ajouta le Seed. Donc va te faire bouffer par un streum et fait pas chier.
─ Ça va, ça va…

Zell traîna les pieds pour s’exécuter. Il fit quelques assouplissements complètement superflus avec le prétexte fallacieux de se défendre en cas d’attaque d’on ne sait quelle créature locale.
Il se dirigea décidé à en finir vers la porte qu’il ouvrit d’un geste brusque.
Il resta la porte ouverte bloqué dans l’encadrement sans un mot.
─ Tout va bien? demanda Tidus
─ Qu’est-ce que tu fais encore? On peut savoir pourquoi tu restes planté là? s’impatienta Squall.
─ Euh… Peut-être parce que j’ai un flingue pointé sur ma tête, risqua Zell.
─ En effet, on peut considérer que c’est une excuse valable, reconnut Squall.
─ On pourrait peut-être l’aider, non? lança un Tidus méfiant.
Zell toujours à moitié dehors, enleva lentement sa main du montant de la porte alors que le cliquetis d’un chien que l’on arme se fit entendre.

─ On est trois, dit Zell.
─ Non, mais ne lui dit pas combien on est, tu es en train de gâcher la surprise, lança Squall goguenard.
─ Il demande, soyons polis, répondit Zell. Sinon, monsieur le directeur, si vous pouviez indiquer à cette personne de ne pas m’occire, ce serait vraiment délicat de votre part.

Zell commençait à prendre un ton désespéré.
─ Eh oh non, ne me le tuez pas! cria Squall. C’est moi qui dois le buter pour toutes les emmerdes depuis hier matin!
─ Vous semblez pas décidé à faire quelque chose pour lui, s’étonna Tidus.
─ Bah! C’est rien ça, on a survécu à pire. Et puis c’est pas comme si Zell ne savait pas se débrouiller, expliqua le Seed.
Zell disparu de l’encadrement de la porte, happé vers l’extérieur.
─ C’est à nous de jouer on dirait. Euh Tutus…
─ Tidus.
─ Ouais c’est ça, machin. Tu restes derrière moi, d’accord?
─ Ben vu que j’ai rien pour me battre, je ne pensais pas faire autre chose…

Squall remit sa gunblade dans son fourreau et sorti les mains vaguement en l’air:
─ Voilà, voilà. Je sors. Pitié, ne nous tuez pas… Le directeur de la BGU fut pris d’un soudain bâillement. « Excusez-moi, je n’ai pas assez dormi », dit-il.
Tidus, sur ses talons, sortait aussi avec les mains levés, Squall jeta un bref regard en arrière et commença à détailler leur lieu « d’atterrissage ».
Un désert de sable et de roches balayés par des rafales créant de petits tourbillons s’évanouissant aussitôt. La mi-journée ne semblait pas arrivée et malgré l’aridité préoccupante de l’endroit, la température était largement supportable.
Une fois ses yeux habitués à la nouvelle lumière, Squall pu détailler son environnement. Dans le lointain, une tour gigantesque s’élançait jusqu’à toucher les nuages. Plus proche de ses préoccupations, Zell se trouvait sur la droite mais face à lui. Un pistolet était en effet pointé derrière sa tête. Le détenteur de l’arme était un brun enveloppé dans une cape rouge dont dépassait deux yeux perçants. Rien n’était rassurant dans la physionomie de cet inconnu qui dégageait une aura de ténèbres et une froideur cadavérique.
─ Je te présente mon nouveau copain? demanda Zell.
Sur la gauche de Squall, un peu en retrait, deux hommes, et… un moomba? Ou un chien? s’étonna-t-il.
L’un des deux hommes était amputé d’un bras mais il avait jugé bon de compléter son moignon par une arme. Son voisin s’accoudait à une lance et tirait sur un mégot la mine un peu désabusée. Le moomba, lui, semblait s’amuser de la situation. Étrange animal…
─ Donnez-moi vos materias!

La voix venait du dos de Squall.
─ Euh… Non. Je ne sais même pas ce que c’est, mais c’est non, répondit-il
Squall se retourna avec Tidus pour découvrir une gamine juchée sur la Police Box. C’était une petit brune avec une coupe au carrée et une tenue sportive. Elle tenait un espèce de boomerang, qui était bien trop grand pour elle, se dit Squall. La gamine se redressa et parti en salto avant. Elle atterrit parfaitement en fente latérale.
─ Tu sais, ça, c’est un coup à te péter une jambe, rigola Squall.
La fille prit un air vexé et en se relevant, elle lança son boomerang en direction de Squall en poussant un « Yaaaah ». Détournant le haut de son corps en gardant les mains levées, il esquiva l’arme sans mal, qui revint une large boucle plus tard dans la main de sa propriétaire.
─ Yuffie! On ne les touche pas! C’était le gars avec la lance, le plus vieux visiblement, qui venait de parler. Avec une certaine autorité et pas mal de goudron sur les cordes vocales d’ailleurs. « On attend Cloud, il nous dira quoi faire d’eux. » « Ah? Le plus vieux, mais pas le chef qui semble absent… Bon à savoir. » se dit-il.
Une autre fille venait d’apparaître de derrière la cabine. Elle en avait visiblement fait le tour pendant qu’ils descendaient. Elle était brune aussi mais ses cheveux tombaient jusqu’à sa taille. Un visage quelconque mais agréable sur un corps fin mais nerveux. Pas nerveux comme l’autre merdeuse qui ne tenait pas en place, mais incisif, percutant. Elle arborait un gant lesté à la main droite qui achevait de trahir ses compétences martiales. Squall fit un rapide calcul: « Donc elle, Zell va s’en charger pendant que moi je m’occupe du brun et que je contre les deux autres types… » il se rendit compte aussi qu’il n’aurait pas le temps de protéger Tidus… « Désolé mon vieux, mais si ça tourne mal, nos chemins vont se séparer ici… »
La femme se tourna vers ses coéquipiers:
─ Mais attend, ils étaient trois la-dedans? s’étonna-t-elle.
─ C’est bizarre, commença le porte-flingue. C’est beaucoup plus grand à l’intérieur en fait. On dirait une espèce de véhicule.
D’un geste décidé, elle ouvrit la cabine, rentra et lâcha un « Wouah » d’étonnement. Elle en sortit deux secondes plus tard, passablement épatée.
─ Et vous sortez d’où comme ça? demanda t-elle.
─ Alors là, pour le coup, ça va être un petit peu compliqué pour répondre, commença Zell.
─ Ne vous inquiétez pas, nous avons un peu de temps devant nous, lança une voix.
Les trois prisonniers se retournèrent comme un seul homme.
─ Ça parle les moombas? demanda Zell.
─ En théorie, non. Mais celui-là est peu gros pour un moomba, répondit Squall.
─ Je ne m’appelle pas Moomba mais Nanaki. Vous pouvez aussi m’appeler Rouge XIII. Mais dans l’absolu, évitez de parler de moi à la troisième personne quand je suis là.
Les trois prisonniers écarquillèrent les yeux. Squall reprit sa contenance:
─ Euh… Excusez-nous.
─ Y’a pas de mal, le rassura Rouge XIII. Moi aussi quand je vois des singes j’ai du mal à vous différencier sur le moment…
Squall ne pouvait dire si le dénommé Nanaki arborait un sourire ou si il montrait les crocs. La cicatrice de son oeil borgne n’aidant pas à interpréter.
─ Ils se foutent de notre gueule en plus, se plaignit Zell.
─ En même temps ils ont les flingues, constata Squall.
─ Euh.. Pardon mais vous savez, on est arrivé ici un peu involontairement, expliqua Tidus… Enfin d’après ce que j’ai compris.
─ Oui, tiens, et si pour commencer vous nous expliquiez pourquoi on se fait braquer de la sorte, demanda Squall
─ Et si vous, de votre coté, vous nous expliquiez pourquoi une cabine d’essayage bleue est apparue de nulle part, demanda en retour la fille en T-shirt blanc.
─ Sincèrement, on n’en a aucune idée, commença Squall. Ce machin s’est retrouvé sur mon parking, on y est monté dedans et… Squall jeta un regard noir à Zell. Suite à un « accident », nous avons découvert que cette… Saloperie, là, nous avait téléporté sur un autre monde. On peut pas le dire plus clairement…
─ Et le mec mal habillé, là? demanda-t-elle en montrant Tidus du doigt.
─ Hé! se plaignit Tidus.
─ Une pièce rapportée. Il était sur le chemin et on l’a chargé. Squall regarda une nouvelle fois Zell. Chargé dans tous les sens du terme.
─ Pas claire, cette histoire…
C’était le gros balèze amputé qui venait de parler. Le vieux à ses cotés venait de sortir de sa poche un téléphone portable. En l’ouvrant, il s’adressa à ses compagnons:
─ J’appelle Caït Sith et le Hautvent pour les prévenir qu’on est tombé sur ces machins.
Il s’éloigna de quelques mètres, le téléphone sur l’oreille.
─ A priori on devrait s’en sortir vivant, glissa Squall à Tidus. Ils n’ont pas l’air d’en avoir après nous.
Zell souffla soudainement de dépit en laissant retomber ses bras. Le mec flippant avec sa cape rouge poussa un « Hey » de menace et réarma le chien de son revolver.
─ C’est bon, Vincent, laisse-le, reprit la fille aux cheveux noirs. A trois contre six, ils ne vont pas faire grand chose.
─ Oh, oh, c’est vexant ça, rigola Squall.
─ Non, réaliste juste, répondit-elle tout sourire.
Squall baissa les bras à son tour, vite imité par Tidus.
─ Tifa Lockheart, patronne de bar, se présenta la brune. Elle avança une main que le Seed serra.
─ Squall Leonhart, directeur d’école. Et donc lui c’est Pitus…
─ Tidus, corrigea l’intéressé.
─ … Et lui à coté, c’est Zell Dintch, mon majordome.
─ D’accord, répondit Tifa. Alors rapidement là vous avez Vincent et Nanaki que vous connaissez déjà. Le mec au portable c’est Cid, celle qui est juchée sur votre cabine, c’est Yuffie, et celui qui ne peut pas se gratter le nez sans se coller une bastos, c’est Barret.
─ Super, enchanté. Et on attend quoi?
Yuffie se mit debout sur la cabine et commença à sauté de joie.
 ─ Il arrive! Il arrive!
─ Ah oui en effet, reconnut Tifa. Elle mit sa main en visière en scrutant l’horizon. Dans le lointain, un nuage de poussière semblait se diriger vers la troupe. Le temps que Squall constate le phénomène, visiblement une de leur connaissance, Cid revint de son entretien téléphonique.
─ Caït Sith nous confirme qu’elle approche, dit-il en jetant son mégot.
─ Cloud est de retour aussi. On va se préparer, répondit Tifa.
─ ‘Feriez mieux de vous barrez de là, bande de couilles molles, lança Cid, ça va craindre pour vos derches dans pas longtemps.
─ T’inquiète pas, les derches c’est moi qui les botte d’habitude, se vexa Squall.
─ On va vérifier ça très vite, s’amusa Barret. On vous aura prévenu.
Il attrapa une clef à pipe et entreprit de déboulonner son bras. Se faisant aider de Cid, il s’équipa d’un nouveau bras qui ressemblait furieusement à un canon laser. Ce gars n’avait visiblement pas froid aux yeux…
Tout le monde faisait des préparatifs pour se battre. Outre leurs arme,s il s’intéressaient aussi à des billes luminescentes qui ornaient leurs armes et leurs tenues. Quand ils eurent fini, le nuage de poussière approchant c’était mut en une moto. Il arriva au pied de la cabine trente secondes plus tard.
─ Et encore un blond mal coiffé, se plaignit Squall.
─ C’est qui ça? demanda Cloud.
L’homme descendait de sa moto chargeant sur son épaule une poutre en acier. Squall ne pouvait se résigner à appeler cela une épée.
Il tourna la clef de sa moto et s’approcha de Tifa.
─ On a rien compris, expliqua-t-elle. On t’attendait et ce truc est sorti de nulle part. Et les types que tu vois là en sont sortis.
Cloud approcha des trois à tour de rôle, les regardant suspicieusement. Squall trouvait que cet homme avait regard étrange. Brillant d’une lueur surnaturelle, il semblait porter sur lui toute la tristesse du monde difficilement dissimulée derrière une détermination sans faille.
─ Partez, rentrez chez vous, décida Cloud. Je n’ai pas envie d’avoir vos morts sur la conscience.
─ Si seulement on pouvait, se lamenta Zell.
Le téléphone de Cid retentit à ce moment pendant que Cloud se détournait d’eux. « Comme vous voulez. »
─ Tu l’a rabattue vers nous? demanda Rouge XIII.
─ Oui, elle arrive.
Cid s’approcha d’eux deux.
─ Le Hauvent confirme, ils l’ont en visu. Ça va chier! s’amusa t’il.
─ Y’a plus qu’a attendre donc, renchérit Barret.
─ Et on attend quoi? demanda Tidus.
─ L’Arme de Rubis, expliqua Tifa. Une entité créée par la Planète pour se défendre contre les agressions de toutes sortes. Et qui commence à détruire sans distinction. Il faut que ça cesse.
─ Je n’ai rien compris, affirma Squall. Mais on va vous filer un coup de main, car visiblement on est parti pour en chier à chaque arrêt que l’on va faire…
─ On a combien de temps? demanda Vincent.
─ Deux heures, je dirai, répondit Cloud. Je suis parti juste après l’avoir énervé.
L’attente commença. Ils prirent le temps de se restaurer, ce dont purent enfin bénéficier les trois pièces rapportés de cet autre monde. Après ce repos, Zell et Tifa s’échauffèrent par des combats, ces deux-là parlant visiblement le même langage. Squall, lui discutait avec Barret, Cid et Nanaki. Il apprit le plus de choses possibles sur le pourquoi de ce combat et les grandes lignes de l’aventure de ce groupe. Avalanche, la Shinra, Sephiroth, Aerith… Il ne comprenant pas toutes les implications mais visiblement ils étaient en train de vivre ce que Squall avait vécu il y a dix ans de ça.
Cloud et Vincent restaient à part, n’échangeant que quelques mots. Taciturnes, ces deux-là, se dit Squall.
Tidus lui, discutait avec Yuffie qui n’avait pas bougé du sommet de la cabine.
Quand les deux heures furent bientôt écoulées, un vaisseau argenté apparut en décrivant de larges cercles au-dessus du groupe.
─ Le fameux Hauvent je suppose, lança Squall à la cantonade.
Tifa rompit son engagement avec Zell en faisant de grands signes du bras. Cloud se leva se scruta l’horizon accompagné par tous ces autres compagnons.
─ La voilà…
Dans le lointain, une silhouette se détacha au milieu d’une nébuleuse de poussière. Squall estima sa taille à 20-30 mètres. Par réflexe, il vérifia sa gunblade.
─ C’est ça votre Arme? demanda t’il.
─ Oui, confirma Vincent.
Tout le monde se mit en ordre de bataille. Le Hautvent allait resté au-dessus du groupe  pour fournir une solution de repli au cas où les choses tourneraient mal. Visiblement, un plan était prévu de longue date, Cloud, Barret et Vincent s’avancèrent. Ils allaient intercepter le monstre directement. Le voir arriver au ralenti avait quelque chose de terrifiant que Squall n’avait jamais expérimenté, et pourtant il avait déjà combattu des monstres géants, mais là il devait reconnaître que c’était un cran au-dessus…
Malgré la lenteur du monstre, ses pas dévoraient les mètres. Il faisait  bien ses trente mètres de haut. Recouvert d’une carapace de chitine rouge évoquant la pierre dont il portait le nom, il arborait deux longs bras se finissant par des doigts/tentacules blancs. Son long cou se terminant par une sorte de tête de dragon rendant cette partie du corps impossible à atteindre.
Squall siffla d’admiration. Zell laissa retomber sa garde.
─ Franchement, je ne vois pas ce que je vais faire, s’inquiéta t’il.
Quand l’Arme arriva à cinquante mètres de lui, Cloud bondit en avant. A ce signal, Barret tira plusieurs salves de son bras-canon tandis que Vincent se déporta  en tirant. Il avait déjà vidé deux barillets et rechargeait à une vitesse inhumaine. Les autres commencèrent le barrage de sort, Zell et Squall haussèrent les épaules et rejoignirent le groupe en lançant des Meltdowns.
Cloud taillait son adversaire de toute part sans montrer de fatigue ou de lassitude. Après trois minutes d’inactivité de l’Arme, cette dernière se décida en fin à lever un de ses pesant bras qu’elle abattit à l’endroit où se trouvait le groupe au début du combat. Le choc fit trembler la zone de combat sans faire de mal. Voyant que la magie restait inefficace, Tifa, Yuffie et Rouge XIII s’avancèrent à leur tour pour venir au contact.
Le champ de bataille devenait confus mais Squall devait reconnaître que ses six là savaient se battre ensemble. Pas un ne gênait l’autre et surtout, tous savait laisser de la place à Cloud qui était nettement au-dessus du lot. Infatiguable, il pouvait se lancer à dix mètres de hauteur en une impulsion. Squall et Zell n’en revenaient pas, même si ces derniers pouvaient en faire autant, ils leur fallait un sort d’Aura pour arriver à ce résultat. Pour Cloud, c’était naturel…
Le combat dura encore dix minutes à ce rythme. L’Arme de Rubis ne montrait aucun affaiblissement et se contentait de lancer de grandes attaques facilement évitables. Elle fit mine d’en lancer une nouvelle quand Cloud reconnut les prémices d’un sort.
─ Protégez-vous! cria t’il.
Trop tard. La feinte de l’Arme surprit tout le monde. Au lieu d’une nouvelle attaque physique, c’est Rayon de Rubis qui fut lancé sur le champ de bataille.  L’attaque précipita tout le monde à terre, Cid  et Barret en furent déboussolé pendant de longues secondes tandis que Rouge XIII volait à leur rescousse. Tifa se releva promptement pour retrouver Cloud qui était déjà reparti à la lutte. Vincent, lui, reculai. Son silence ne dissimulait pas ses blessures… Squall et Zell limitèrent la casse. Visiblement ils étaient plus ou moins immunisés. Mais le moment de flottement que cette seule attaque avait provoqué n’augurait rien de bon pour la suite. Tifa semblait s’en rendre compte…
─ On subit trop, Cloud! On ne lui fait rien, s’écria t’elle. Il faut se replier!
Vincent avait repris ses esprits et s’était soigné. Il courait partout, criblant l’Arme de balles qui ne semblaient pas faire le moindre effet. Dans le même temps, Rouge XIII reçu l’attaque de trop en sauvant Cid et Barret. Il recula visiblement blessé. Yuffie lui apporta les soins nécessaires, pendant que Tidus l’amenait à l’arrière du champ de bataille.
─ Cid! Appelle le Hauvent! On se replie!  L’ordre de Tifa n’était que pure logique. Ils n’y arriveraient pas. Seul Cloud  semblait certain du contraire. Il portait ses attaques avec férocité, s’essoufflant à peine. Il cessa ses assauts pour se concerter avec Tifa. Squall et Vincent se chargeaient de le couvrir. Le monstre semblait assez primaire. Il tournait facilement son attention vers la menace la plus directe.  Zell, dépassé par la taille de son adversaire, s’occupa aussi du repli. Il regroupa Barret et Cid, tandis que le Hauvent amorçait sa descente.
D’un accord tacite, Squall et Vincent ralentirent le combat pour calmer l’Arme qui cessa toute activité pendant deux secondes qui semblèrent interminables.
Le vent se mit à souffler. De plus en plus fort, de larges bourrasques arrachèrent des monceaux sable et de poussières qui aveuglèrent toute la troupe. Le vent accéléra subitement, manquant de faire tomber tout le monde.
─ C’est elle qui fait ça? demanda Squall.
─ Oui, confirma Vincent.
Dans la tempête naissante, Tifa organisait la retraite. Le Hauvent était stationnaire avec tout le monde à son bord. Vincent se replia quand Cloud eut rejoint Squall.
─ Vous ne montez pas? demanda t’il.
─ Pourquoi faire? Notre ticket de retour est là, répondit Squall en montrant la cabine.
─ Je continu, dit Cloud.
─ Je m’en doutais, répondit Squall.
Cloud laissa échapper un sourire moqueur et reparti vers l’Arme. Le Hautvent s’éloigna, Squall cru entendre Tifa crier quelque chose. Le vent couvrit ses mots.
Tidus resta aux cotés de la cabine, Squall et Cloud repartirent à l’assaut, Zell resta en soutien lançant des sorts de soin et de protection.
Le vent était devenu tempête. Aveuglé temporairement, les trois combattants ne virent pas que l’Arme avait changé de stratégie. Deux tentacules sortaient de sol derrière eux, ils portèrent des attaques violentes aux deux hommes qui faillirent s’évanouir sous le choc. Reprenant leurs esprits, ils furent à nouveau soutenus par Zell. Dans l’intervalle, ils portèrent chacun de leurs cotés leurs attaques les plus violente, Lionheart pour l’un, Omnislash pour l’autre. Les deux tentacules battirent en retraite. L’Arme était visiblement blessée. Mais la tempête elle ne faiblissait pas…
─ On fonce à la cabine! hurla Squall. Si elle va dans l’espace, elle pourra supporter au moins la tempête
─ Ça commence à devenir une habitude! répondit Zell qui courait déjà vers la Police Box.
─ Et toi, tu nous suis, rajouta Squall.
─ Je détruirai cette saleté avant! éructa Cloud.
Il déplaça son épée sur le coté, prêt à lancer une autre attaque.
─ Pas dans l’état où tu es, tempêta Squall. C’est bon, tes amis sont en sûreté, et mort tu ne serviras à rien!
─ Dépêchez vous!
La voix de Tidus essayait de  passer outre le bruit de la tempête de sable qui se faisait de plus en plus violente. Si l’Arme de Rubis était restée sur sa position jusqu’à maintenant, ses longs membres commençaient à se mouvoir. Un bras interminable s’éleva haut au ralenti pour retomber à une vitesse hallucinante. Squall et Cloud roulèrent ensemble de coté. L’impact fit l’effet d’un tremblement de terre, remuant les entrailles de chacun des deux hommes. Squall crut que son coeur allait s’arrêter sous l’onde choc.
─ T’es plus costaud que le Minotaure, saleté! s’amusa t’il.
La tempête devenait maintenant insupportable. La vision ne dépassait pas les dix mètres. Le Seed tourna la tête  pour voir si Zell et Tidus étaient à l’abri. Il cru discerner un mouvement sur sa droite. Cloud était en train de courir sur le bras de l’Arme!
Au terme d’une accélération surhumaine, il monta facilement jusqu’à quinze mètres de hauteur, hors de la vision de Squall. Seul face au monstre, Cloud plaça cinq tailles supplémentaires avant que le gravité ne reprennent ses droits. Amorçant sa chute, il pris une impulsion qui l’éloigna de l’Arme. Il se laissa tomber dos au sol, bombardant la lourde carapace de chitine rouge de la créature de magies.
Il atterrit sur un genou aux cotés de Squall, pliant juste les jambes pour absorber le choc.
─ Mais t’es pas humain! lança Squall.
─ Je sais.
─ Et bien maintenant, on se casse.
Squall attrapa Cloud par le bras et le tira vers lui. L’ex-SOLDIER le suivit à contre-coeur. L’arme, elle, prenait conscience que cet insecte dérangeant avait fait marche arrière. Si la tempête devait en théorie les faire tous disparaître,  son instinct atavique lui dicta d’en finir une bonne fois pour toute.
Au terme d’un sprint, Cloud et Squall fermèrent la porte de la cabine quand l’Arme de Rubis lança Ultima sur tout le champ de bataille. Toutes les cloisons tremblèrent, une lueur verte irradiante s’infiltra au travers des parois.
Le TARDIS, lui, ne comprenait pas pourquoi on lui faisait subir autant de mésaventures depuis à peine vingt-quatre heures. De dépit, il décida de quitter ce monde bien inhospitalier…
_________________
Pendant ce temps, une autre rencontre sans intérêt à lieu.
Quistis Trèpe fait la connaissance d’un homme assez séduisant, bien qu’habillé de façon très curieuse. Enfin, toujours est-il que son tournevis est bien pratique. Quand Squall se décidera enfin à venir expliquer cette histoire de cabine téléphonique, elle se fera une joie de lui présenter ce fameux Docteur…
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