De la relation entre Walker Texas Ranger et les beat’em all

La nouvelle vient de tomber, la fin du monde aura bien lieu avant la fin de l’année…
D’où peut venir une telle assurance? D’un calendrier? De Bugarach? Non, mes amis de TéléLoisirs.fr!
En effet, le pilier de la télévision française vient de choir, brisé par les velléités de quelques Illuminatis ou Rose-Croix maçonnico-bolcheviks.

Walker Texas Ranger est déprogrammé du dimanche après-midi au début de l’année qui arrive…

Le Walker du dimanche, c’est l’éducation qu’il manque à cette génération de merde. C’est l’apprentissage des bonnes valeurs, du bien, du mal, de la place de chacun dans la société. C’est apprendre enfin que l’égalité se vit mieux si blancs, noirs et latinos sont séparés et ne s’unissent qu’entre eux. C’est savoir que l’homosexualité n’existe pas et que l’alcoolisme se vit mieux chez C.D.’s. C’est savoir que seul le karaté peut combattre la drogue et que la peine de mort est dans l’ordre naturel des choses.

Le monde serait meilleur si il était Républicain, si nous portions tous des Santiags et des chemises à carreaux (saloperie de hipsters, je le savais!), et tellement plus agréable si nos pieuses jeunes files blondes chantaient de la country lors du festival dominical de rodéo (après le sermon du pasteur méthodiste).

Pour empêcher les larmes de couler le long de ma barbe virile (et copiée sur celle de Chuck), il ne me reste qu’a chanter cet hymne, cet ode à la NRA, ce cantique à la justice qui est toujours plus efficace quand elle est expéditive.

In the Eyes of the Ranger, the unsuspecting stranger,
Dans les Yeux du Ranger, l’étranger crédule,

Had better know the truth of wrong from right.
Ferait mieux de savoir la vérité du mal et du bien.

‘Cause the eyes of the Ranger are upon you, any wrong you do he’s gonna see.
Parce que les yeux du Ranger sont sur vous, chaque erreur faite, il la verra.

When you’re in Texas, look behind you, ’cause thats where the Ranger’s gonna be.
Quand vous êtes au Texas, regardez derrière vous, car c’est là que le Ranger se trouvera.

Aussi il est plus que temps de vous apprendre une des réalités de ce monde. Celle qui a achevé de confirmer ma passion des jeux vidéos

La relation entre Walker Texas Ranger et les beat’em all (je ne dirai jamais beat’em up, je vous merde et avec un ushiro mawashi-geri en plus)

Je suis un grand fan des films de tatane. JCVD, Bruce, Jet, Jacky et bien sûr Chuck sont mes premiers héros cinématographiques… Mon enfance vidéo-ludique fut en plus accompagnée par un jeu culte, Double Dragon sur Nes. Chez un ami je pouvais me délecter de son équivalent Sega: Streets of Rage II sur Megadrive.
Un dimanche, alors que j’admirai les tsuki vengeurs de Walker, une énième table de balsa explosée me fit l’effet d’un choc: Tous les épisodes de Walker suivent en fait la structure d’un beat’em all. Voyons cela plus en détail.

Please select a character.

Le casting des héros de Walker rappelle très fortement celui d’un Streets of Rage. Si on prend la série à ces débuts, le duo Walker /Trivette ne semble avoir un lien avec les jeux vidéos. Souvenez-vous cependant que leur égalité en combat n’est pas sans rappeler Double Dragon. Ainsi Walker et Trivette ne sont-ils pas nos Billy et Jimmy? Deux persos égaux mais que l’on distingue par la couleur… Plutôt que de jouer sur les tenues, Walker préfère suivre la structure héros blanc/side-kick noir…

Mais soyons plus pertinent: Vers la fin de la série, deux side-kicks sont rajoutés a ce duo pourtant puissamment tataneur. Il s’agit de Francis Gage et de Sydney Cooke. Nous passons donc maintenant là à quatre personnages, ce qui évoque sans problème le roster de Street of Rage II. Comparons:

Voici une capture du choix de perso dans un Street Of Rage (Merci IGN au passage)

Quatre perso alignés…

Maintenant voici une photo de Walker: (la conne qui est barrée ne compte pas, hein… C »est la débile qui se fera enlever, reconnaissable à sa couleur rose de princesse Peach/Zelda.)

Vous notez la similitude troublante? Quatre persos là encore, et les photos sont quasi identiques! Max dans le rôle de Gage, Axel (le perso principal dans le rôle de Walker) Blaze à la place de Sydney et Trivette au même endroit que Skate!  Avec un tel « casting tatanes », Walker se rapproche d’un beat’em all. (Je suis encore épaté de voir qu’ils sont rangés dans le même ordre!)

Mais la similitude n’est pas que plastique, elle joue même sur le style de combat des personnages, exactement comme dans un Street of Rage.
Dans un beat’em all, chaque perso à ses coups et ses techniques propres afin d’apporter de la diversité dans le gameplay. Walker Texas Ranger joue dans le même registre, et au fil des épisodes, on constate que chaque perso a un style de combat propre.

Chuck reste bien sûr le maître incontesté du karaté, et à ce titre, son coup spécial reste bien sûr son fameux ushiro mawashi geri, le coup de pied retourné qui explose n’importe quel méchant. Il est le perso de base, celui que les débutants prennent car il assure toujours (et comme c’est Chuck, il ne perd jamais). C’est un peu Axel dans Streets of rage
Sydney est la Blaze du groupe: très rapide, aérienne, elle use de techniques virevoltantes.

Gage, enfin, plus massif que les autres, reçoit aussi plus de coups. Résistant, il nous montre des attaques poings/pieds assez lourdes. C’est bel et bien Max dans Streets of Rage.

Voici une vidéo qui illustre parfaitement tout cela.

Cela crève les yeux: Chaque perso déploie son style, typique d’un beat’em all de borne d’arcade.

1.Bar/ 2.Rue/ 3.Hangar/ 4.Villa/ 5.Boss

Passons maintenant à la réalisation des épisodes qui elle aussi se retrouve parfaitement dans nos bons vieux jeux de Megadrive.
J’ai lu dans un article de lecteur de Gameblog (pardon, j’ai pas la référence), que le bon gamedesign, c’est celui où l’on reconnait instantanément ses ennemis. Avec une identité graphique forte, on sait d’un coup d’oeil qu’un ennemi est plus costaud qu’un autre ou qu’il faut une technique spéciale pur le vaincre. Rien ne saurait être plus vrai dans le jeu vidéo et dans Walker.
Notre Walker fait exactement la même chose. On obéit à une hiérarchie, que dis-je, un rituel digne d’un Super Sentaï.

L’épisode-type  respecte les règles suivantes: Phase d’enquête dans un bar, où des piliers de bar se mettent à se jeter sur Walker.
Exactement comme le niveau 1 de Streets of Rage 2: le pilier de bar, c’est l’ennemi de base de Walker, pas costaud, il s’en débarrasse avec un combo simple pour enchaîner avec le suivant. Walker peut aussi frapper plusieurs à la fois rappelant la célèbre technique de groupement des ennemis que l’on retrouve dans tous les bons beat’em all qui se respectent.

Puis viens l’enquête dans un hangar glauque où l’on trouve soit des Bikers, soit des Red Necks, plus difficile à battre et souvent plus costaud. C’est la deuxième catégorie d’ennemis. Ils ont souvent une petite feature qui peut s’avérer problématique. Dans les beat’em all comme dans Walker, c’est souvent l’adjonction d’une arme, comme la barre à mine ou le couteau. Arme que l’on s’empressera d’ailleurs de récupérer pour notre plus grand plaisir

Viens ensuite l’attaque de la tanière du méchant, c’est la troisième phase. Ici on rencontre l’ultime catégorie: il s’agit, dans Walker, soit des Triades chinoises, des cartels sud-américains ou des para-militaires fachos.

Les Chinois savent bien sûr faire du kung-fu, car ils sont chinois et on est dans Walker. Plus difficile à battre, ils existent aussi dans tout bon beat’em all. En effet, qui ne se souvient pas des quelques ninja bondissants difficiles à saisir. (cf: Double Dragon). D’ailleurs, ils se trouvent souvent dans des niveaux aux inspirations de temple. Walker fait pareil, mais c’est soit un restaurant, soit la villa du riche trafiquant des Triades.
Les Sud-américains, eux, utilisent souvent des couteaux et compensent l’absence d’art martial millénaire par de l’armement.
Enfin, le para-militaire est la bête noire de Walker, car ils maîtrisent à la fois le corps à corps et les armes. Alors que les premiers sont des bandits justes bons à trafiquer de la drogue ou des armes, le para-militaire lui, n’hésitera pas à provoquer des attentats ou faire des prises d’otages plus perfides que jamais.

Il y a dans Walker Texas Ranger la montée en puissance des ennemis. On commence toujours par des sbires qui se battent facilement, puis on passe à la catégorie plus résistante, jusqu’au boss de fin.

Le beat’em all fonctionne de la même manière, au fur et à mesure des niveaux, les ennemis deviennent plus nombreux, plus coriaces par l’augmentation des HP et bénéficient d’armement.
Maintenant, pour rester sur les ennemis et les niveaux, il est intéressant de noter que même la mise en scène des combats est similaire entre Walker et les beat’em all.

Démarrez à 2 minutes…

Le cadre est identique. Walker n’hésite pas aussi à user des éléments du décor, chose que l’on retrouve aussi dans Streets of Rage avec les mêmes objets. A savoir les tables dont il est toujours d’usage de balancer les ennemis contre.

Pour ce qui est des décors et des niveaux, là encore le parallèle est flagrant. Phase d’enquête dans un bar (premier niveau), puis souvent un combat dans la rue, enchaîné avec un combat dans un hangar, le tout se finissant dans le repaire du méchant, avec baston générale et affrontement entre Walker et le boss de fin qui accepte toujours de se battre à mains nues… Ce genre de progression étant typiquement celle de Streets of Rage ou de Double Dragon.

Une autre particularité de nombreux de beat’em all est celle de fournir des objets épars pour permettre au joueur de s’en saisir et d’améliorer le panel de coups. Barre, épée, couteau et même dynamite. De nouveau, Chuck Norris reprend ce code. Pour illustrer, petite vidéo:

Notez comment Gage use de barres de fer et pied-de-biche, qui sont des armes emblématiques des beat’em all. L’oeil averti du joueur de beat’em all verra aussi la présence d’un avion. Les beat’em all raffolent de ces phases spéciales à bord d’un véhicule comme l’hélicoptère de Double Dragon II. Mais la pour cet épisode, y’avait pas assez de budget en fait…

Et évidemment, tout au bout de la villa luxueuse du trafiquant de drogue/armes/humains/antiquités, se terre le funeste boss de fin. Il cherche toujours à défaire Walker au corps à corps. Mais même si notre Ranger irlando-cherokee se prend quelque baffes, il finira toujours par triompher, comme dans tout bon jeu vidéo qui se respecte. De même, il est intéressant de noter comment Walker utilise la force pour faire respecter, sans jamais avoir recours à des commissions rogatoires ou à des mandats… Bel exemple de self-justice, qui est aussi au passage est aussi un des propos de Streets of Rage

Si tout le monde est réuni pour le final dans Street of Rage, observez plutôt le décor. Il ne fait aucun doute que nous sommes dans le vaste et dispendieux manoir du méchant. Même chose dans Walker. Souvent, quand l’adversaire est mafieux et chinois, Walker et notre roster se bat dans les demeures richement décorés de nombreuses chinoiseries furieusement clichées… Admirez:

Ce extrait-tatane est vraiment symptomatique de la relation beat’em all/Walker, voyez comment on respecte la progression  dans les niveaux: On retrouve des combats de rue au début, des combats de hangar, et à la fin un combat dans la demeure du boss de fin.

J’espère vous avoir démontré que Walker Texas Ranger reprend en fait tout ses codes du beat’em all, et cela quasiment sans rien y toucher. Là où les développeurs bataillent pour adapter des films d’action en jeu vidéo, ils pourraient regarder du coté d’une série où tout est déjà prêt pour un jeu…

La suprême ironie de cette histoire, c’est que les Républicains, qui sont eux-mêmes fait en Chuck Norris, sont les premier à s’exciter contre les jeux vidéos. Il est marrant de noter que les beat’em all ne sont au final que le reflet parfait de cet étendard politique qu’est Walker Texas Ranger. 

Allez à 2:00 pour voir un splendide ushiro mawashi-geri Norris. Oui, Chuck Norris peut même se battre contre un chevalier en armure.

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