Mechadesign #7.3 ou Les armes emblématiques du jeu vidéo #8: Les armes ultimes.

L’auteur tient avant tout à remercier: Akisuki, Waldotarie, snkforever, Karas, Joniwan, Kaminos, Narga, Luciole, Liehd et Sirtank, sans qui cet article aurait été possible mais en vachement moins bien… 😛

Allez, article un peu fourre-tout aujourd’hui car c’est une sorte de mix improbable entre le mechadesign et les armes emblématiques du jeu vidéo mais-pas-tout-à-fait-en-fait.
Une fois n’est pas coutume, c’est l’inénarrable chocolat qui m’a filé l’idée de cet article. Et comme c’est la deuxième fois que cela arrive, j’en viens à me demander si deux fois ça ne commence pas à faire un petit peu coutume d’ailleurs.
(erratum: cet article n’a absolument pas été incité par les remarques de chocolat. Il n’a d’ailleurs rien à voir dans tout cela et puis il a franchement des goûts de merde en mecha)

La série des « Armes emblématiques… » vise à créer un parallèle entre la vision de l’arme donnée par le jeu vidéo et la réalité de celle-ci. Les articles de mechadesign cherchent eux à flatter les rétines mais aussi à justifier les choix qui guident les designers et à les expliciter que ce soit avec l’état actuel de la technologie ou en suivant un schéma intellectuel qui puise dans diverses sources.
Pour cet article, il va falloir piocher dans tout cela à la fois, car nous savons tous ici que les jeux vidéos, le cinéma, les livres sont friands de solutions radicales, de moyens dantesques, bref pour le dire simplement d’armes ultimes. Ce que l’on ignore peut-être moins, c’est que ces twists fictionnels trouvent un écho dans les conflits armés du XXème siècle. On pense immédiatement à la bombe atomique bien sûr, mais pas que. A plusieurs reprises des pays ont fait de « l’arme ultime », notion que nous nous attacherons à définir,  une doctrine militaire et ces derniers se sont jetés à corps perdu dans des recherches coûteuses et/ou des industries gigantesques. La plupart du temps ce genre de démarche ne conduit qu’a l’échec mais il existe un cas de figure où cette doctrine à su fonctionner et perdurer aujourd’hui sous une autre forme, celle de la menace permanente. Car si l’arme ultime présuppose dans sa terminologie une arme détruisant tout de façon irréductible, elle s’accompagne aussi d’une composante psychologique importante.

Nota: Gaffe aux spoilers sur Mass Effect 3, Gears of War, Valkyria Chronicles et Final Fantasy VII

Nota 2: Navré pour la déferlante de véhicules nazi, mais il n’y a qu’eux pour être assez fou de développer de tels engins.

Les armes de destruction massive conventionnelles et autres « armes miracles »

L’arme ultime, définition et doctrine.

La définition qui va être produite ici n’est pas issue d’un dictionnaire et n’est pas toute prête. Nous allons plutôt construire un cadre, une définition qui conviendra aussi bien pour parler des œuvres de fiction et pour définir la portée de l’analyse dans le champ de l’armement conventionnel.

Si désormais les historiens s’accordent à dire de la Guerre de 7 ans (1756-1763)  qu’elle fût une vraie première guerre mondiale, on ne peut enlever au conflit de 1914-1918 le statut de première guerre industrielle. La débauche de moyens, l’implication de l’industrie lourde, tout prend des proportions nouvelles. L’artillerie s’améliore et pilonne les prés au point de chambouler la topographie, les batailles s’enterrent dans les tranchées là où le mouvement, les enveloppements étaient la règle. Vu que désormais les belligérants se regardent en chiens de faïence jusqu’à l’heure des assauts meurtriers, il faut réfléchir à des nouveaux moyens de se battre. Peut-on protéger l’infanterie? Peut-on toucher les ennemis sans risquer la vie de ses soldats? Peut-on porter un coup fatal et unique à l’ennemi jusqu’à le faire capituler? Et ne pourrait-on pas user de ce tout récent appareil que l’on nomme « avion »?

Là où la guerre se pensait jusque là en terme d’hommes que l’on mène en carré à la mort, il est désormais temps de penser la guerre en terme de technologie de pointe. Oh certes, la chose existait déjà depuis longtemps: le feu grégois assurait la suprématie maritime à l’Empire Byzantin, l’artillerie fit tomber les remparts et le fusil Lebel fit les beaux jours de l’armée française.
Mais les avancées technologiques de la Révolution Industrielle accélèrent le mouvement. Chaque pays améliore sans cesse ses armes et c’est avec la Première Guerre Mondiale qu’une véritable course à l’armement qui s’installe: Invention des mitrailleuses lourdes, des chars d’assauts, navires de guerre toujours plus impressionnants et bond spectaculaire de l’aviation.  La suprématie technologique doit être totale et doit faire gagner la guerre. Là où auparavant c’était l’issue d’une bataille décisive qui assurait la victoire d’un pays sur un autre, certains Etats pensent désormais qu’il est possible avec une arme surpuissante, de faire plier l’ennemi.
Il s’agit alors de pousser l’excellence technologique à son paroxysme en jetant toutes ses ressources dans la R&D et d’en voir sortir « l’arme miracle« . Et si cette arme n’apporte pas la destruction espérée alors on attend elle qu’elle fasse peur, qu’elle marque durablement les esprits pour pousser à la reddition.

Les développements ci-dessous vous montrerons plusieurs exemples de ces « armes miracles« . Les pays qui ont développés cette stratégie militaire sont l’Allemagne du Kaiser pendant la Guerre de 14-18, l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler, l’Empire du Japon de Hirohito et les Etats-Unis. Tous ont échoués dans cette démarche, menant leur pays respectif à la ruine et/ou à l’humiliation. Sauf un qui a pu assurer jusqu’à aujourd’hui sa supériorité sur le monde grâce à son arme absolue.

Les exemples.

─Les errements de la Première Guerre Mondiale

C’est l’Allemagne qui  va vouloir démontrer sa suprématie par l’artillerie. A chaque fois il sera question de tirer des obus toujours plus loin et toujours plus gros. Sans compter que l’Allemagne est mondialement réputée à cette époque pour ses ingénieurs en industrie lourde et son acier. C’est donc une vitrine technologique de premier choix pour l’entreprise Krupp, fournisseur exclusif  de l’Allemagne en canons (bon maintenant, ils font des ascenseurs). Cette débauche de tubes plus turgescenst les uns que les autres démontrerons sans problèmes que la guerre c’est avant tout un trucs d’hommes et de qui à la plus longue.

Deux exemples de cette débauche, qui furent des échecs relatifs car ils connurent le feu mais pas forcément là où on le souhaitait au départ. Il est aussi arrivé que l’arme fonctionnait parfaitement bien mais sans résultat.

-Le Pariser Kanonen.
Le Pariser Kanonen, connue sous le nom de Grosse Bertha chez nous (même si la Grosse Bertha désigne un autre canon chez les Allemands) est un canon géant de 36 m de long pour 3 m 80 de diamètre. Il pouvait tirer des projectiles de 400 kg à 120 km de distance. La longueur du tube était telle qui fallait un hauban pour s’assurer que le canon ne se brise pas sous son propre poids.

Sept canons de ce type furent construits en tout. Pesant 750 tonnes, il nécessitait la construction d’une fondation en béton pour supporter la plate-forme métallique, supportant elle-même le canon. Outre ces inconvénients de taille, le canon ne peut tirer que 65 fois, avant que le fût ne deviennent inutilisable. Pire, il faut tirer les 65 obus selon un ordre précis car les obus sont grossis au fur et à mesure. En effet, le tir d’un obus use tellement le tube qu’il faut grossir l’obus suivant pour qu’il s’ajuste au diamètre du canon.

L’existence d’un tel mastodonte fait du Pariser une arme ultime selon ses créateurs. Il n’a pas pour but de raser des villes entières, mais de toucher Paris et des civils. Le Pariser est une arme psychologique qui visent à terroriser la population en frappant directement la capitale. Une attaque directe devait pousser en théorie la France à vouloir chercher l’armistice au plus vite.

Le canon n’eut pas l’effet escompté. Certes, il fit 256 morts dans la capitale et déplaça 500 000 parisiens vers l’ouest de la ville, mais ces derniers s’habituèrent aux tirs qui étaient très espacés au vue des contraintes techniques d’un tel canon. 367 obus sont tombés en tout sur Paris, et un tube éclata à cause de l’explosion prématurée d’un obus. A l’échelle de tout l’acier qui déferla sur les campagnes françaises, le Pariser fait figure de gadget, mais néanmoins il reste toujours un de ses détails dont on se souvient le plus dans nos cours d’Histoire, preuve d’un certain impact psychologique. Et même si sur le moment il créa une certaine psychose en ville et pour les Etats-majors (le canon était camouflé par d’autres tirs en simultanée de grosses pièces), il n’a eu au final aucun impact sur le conflit. De plus, la débauche de moyens était totalement disproportionnée malgré la réussite technologique.
Ce pur produit steampunk finira sa carrière fondu et toutes ses archives/plans détruits lors de la retraite des forces allemandes en 1918.
C’est le premier échec de la doctrine de l’arme absolue. Non, messieurs les casques à pointes, on ne peut pas gagner une guerre avec juste un canon, aussi puissant soit-il. Mais bon, cet échec ne va pas arrêter l’Allemagne qui aura de nouveau l’occasion de s’illustrer technologiquement. Et pour le pire.

─La course technologique de la Deuxième Guerre Mondiale et les Wunderwaffe.

Laissons de coté les aberrations de la Première Guerre Mondiale qui répondaient au final à une inexpérience, une redécouverte de la guerre. Un canon comme le Pariser n’est qu’une expérimentation foireuse portée par un effort de guerre aveugle et désespéré. Mais maintenant nous allons aborder la doctrine de l’arme absolue sous l’angle de la folie d’un seul homme qui a fait de la supériorité de sa race la justification d’une débauche de technologies et de moyens qui n’aura abouti qu’a la ruine et à des échecs plus fumeux les uns que les autres. Portée par des victoires successives, l’Allemagne nazie va se lancer dans une course à la technologie alors qu’elle n’en a ni le temps, ni les moyens. L’aveuglement d’Hitler à rechercher la technologie pour la technologie et surtout son assurance de la supériorité allemande sur le reste du monde accélèrera la fin de la guerre en précipitant l’effort de guerre sur de mauvais choix.

-Le Dora/Schwerer Gustav
Avant même que la Seconde Guerre Mondiale ne débute, la France va commencer à craindre ce IIIème Reich aux intentions troubles et belliqueuses. Il convient donc de réfléchir à une solution qui pourrait stopper la menace allemande à la frontière, et cette solution sera une fortification ultime, la Ligne Maginot. Rempart ultra moderne pour l’époque, avec tourelles enterrés, bunkers, chemin de fer souterrain pour le transport de munition, bref, rien ne manque pour stopper le teuton.
La fierté mal placée allemande va trouver un écho avec cette Ligne Maginot et Hitler va demande à Krupp, son fabricant de canon préféré, de réfléchir à une pièce d’artillerie pour pourrait percer les fortifications de l’Alsace.
La réponse de l’industriel sera deux canons d’un calibre de 800 mm. Développés en 1937, ils sortiront des usines en 1941. Sauf que depuis le temps, l’allemand nous aura refait le coup des Ardennes et la Ligne Maginot est prise à la France.
Ce canon se retrouve donc sans cible. Capable de tirer des obus de 80 cm de diamètre et de 3,75 m de longueur, le canon, d’une longueur de 32 m, pèse 1350 tonnes et doit reposer sur 4 voies ferrées parallèles. Comme pour Bertha, le canon est démonté et acheminé en pièces détachés sur place où il est monté. Par contre, effort notable, le canon peut tirer 300 coups avant d’être changé.

Sur les deux canon construits, Dora ne servira jamais mais Schwerer Gustav sera déplacé sur le front de l’est. Le déclenchement de l’opération Barbarossa l’amènera devant Sébastopol. Il tirera 48 obus arrivant quand même à détruire une réserve de munitions blindée sous-marine (30 m de flotte à franchir). Plusieurs autres forts russes se rendront après avoir subit les attaques du Gustav.
Au final il fut retiré assez vite des théâtres d’opérations (à partir de 1943) et servira de propagande avec des tirs d’essai pour démontrer sa portée de 47 km.

Mais l’acharnement du tout-technologique de l’Allemagne ne s’arrête pas là. Voyant que l’Amérique entre en guerre et qu’elle gagne progressivement du terrain, le IIIème Reich va multiplier les recherches dans l’armement conventionnel. Le contexte de fin de guerre où l’Allemagne recule de plus en plus va obliger le ministère de la propagande à inventer le concept de Wunderwaffe ou arme miraculeuse. Goebbels faisant croire à la population que les ingénieurs allemands travaillaient d’arrache-pied dans la recherche d’armes nouvelles.
Ces dernières étaient censés retourner la situation car la supériorité intellectuelle allemande allait contre-balancer le cours de la guerre. Ces projets, validés par un Adolf Hitler de plus en plus déconnecté de la réalité, va donner des prototypes improbables, des projets démesurés qui achèveront de précipiter le IIIème Reich vers sa fin.

L’armée de terre qui a longtemps fait la fierté des allemands va être au centre des préoccupations et notamment les chars d’assaut qui vont être pensés avec des chassis toujours plus lourd, des canons toujours plus puissants et des blindages toujours plus épais.
Un exemple de ce manque de discernement sera le Jagdtiger VI, un chasseur de chars qui devait en théorie lutter contre les chars russes que rencontraient les forces allemandes. Sur la base du Tigre II, ce char lourd au blindage renforcé et au canon de 128 mm (développé par Krupp.. Encore) sera produit à 88 exemplaires. Même si son canon est puissant, il reste extrêmement gourmand en carburant (faut les bouger les 71 tonnes) et est produit en trop d’exemplaires pour faire la différence. Lourd, peu mobile, les Alliés se chargeront de le contourner pour le frapper là où le blindage est plus réduit. Misant tout sur l’antichar, les Russes eux, mettrons l’accent sur l’anti-personnel avec plus de succès. Au final, la plupart des Jagdtiger VI furent détruits.

Pas refroidi par cet échec, Hitler et Ferdinand Porshe se concerteront sur un modèle encore plus lourd et puissant: le Panzerkampwagen VIII Maus.

Il n’existera qu’a l’état de prototype, mais les developpeurs tablaient sur une autonomie de 60 km en combat pour une consommation de 3000 l au 100 km. (oui, oui… même pas peur…). Avec 20 cm de blindage en moyenne et 188 tonnes, il aurait pu résister a à peu près n’importe quoi, son seul exemplaire sortira en 1944 quand la guerre était déjà perdue par les forces allemandes. Le Maus est une preuve supplémentaire de la course à l’armement et de la recherche de l’arme miracle sur terre.

L’aveuglement de l’Allemagne nazi dans leur recherche du char ultime éclatera au grand jour quand sera révélé leur dernier projet. Si le Maus était l’un des projets les plus dispendieux d’Hitler, Krupp se chargera d’en rajouter une couche en proposant un Landkreuzer. Oui un croiseur terrestre, carrément. Recevant la dénomination P.1000 Ratte. Il devait être propulsé par deux moteurs diesel de navire, et embarquer, attention, deux canons jumelés de croiseur d’un calibre de 280 mm! A cela s’ajoute un canon de 128 mm (celui du Jagdtiger de tout à l’heure, bah oui tank à faire ah ah ah!) , 8 canons anti-aériens Flak 38 et deux canons Mauser MG 151/15. En même temps il y aurait eu la place de tout mettre, vu que l’ensemble devait faire 35 m de long, 14 de large et 11 de haut…

Ce projet ne sortira pas des cartons à dessin heureusement mais le ministère allemand commandera quand même un autre projet, le P.1500 Monster. Alors là c’est très simple, il s’agissait de construire un char pour et autour du canon Dora. 1000 tonnes au compteur, 42 mètres de long, le tout renforcé par des obusiers de 150 mm, il aurait du être propulsé par 4 moteurs de sous-marins avec un équipage de 100 hommes.

L’Allemagne nazi s’effondrera avec ces projets, preuve que la recherche de l’arme ultime est vaine, malgré un savoir-faire dans le domaine de l’ingénierie et des aciers.

Quittons le plancher des vaches pour voir que la débauche de R&D trouve aussi un écho dans l’aviation où il sera question pour les ingénieurs de développer les premiers avions à réactions. Sortiront des usines le Me 262 et le Ar 234 et d’autres projets un peu plus farfelus qui resteront à l’état d’ébauches.

Ces premiers avions à réactions souffriront d’un manque évident de finition et de fiabilité. Pour le peu qui connaîtra le feu, ils étaient en effet impossible à rattraper pour les avions de l’époque mais en trop petits nombres pour retourner la situation. Surtout que les anglais arriveront assez vite à leur tour avec des avions à réaction (les premiers appels à projets datent tout de même de 1940. L’aboutissement de ces recherches sera le Gloster Meteor).

L’avion à réaction était activement recherché car il garantissait l’invincibilité aérienne, un bombardier à réaction aurait été irrattrapable par des chasseurs du type Spitfire/Messerschimdt. Cette R&D dans l’aviation donnera aussi naissance à quelques beaux spécimens à hélice what the fuck. Pour preuve avec le BV 141, avion de reconnaissance allemand qui aura sans doute inspiré le B-Wing de Star Wars.

Parmi les projets allemands se trouvait aussi un bombardier à long rayon d’action, surnommé Amerika Bomber. Il fut même question d’un bombardier sub-orbital, le Silbervogel, capable théoriquement de voler à 22 000 km/h. Au final tout ceci ne fut que propagande mais démontre bien comment la doctrine de l’arme ultime peut habiter un dirigeant/dictateur alors que toutes les circonstances semblent s’opposer à cette idée.

L’océan est habitué depuis un petit moment déjà à recevoir de véritables monstres d’acier. Le Première Guerre Mondiale avait déjà proposé du coté britannique les Dreadnoughts. Ces cuirassés vont préfigurer par leur structure toute l’artillerie navale pour les années à venir. Et si aujourd’hui les canons sont bons pour les musées (pas dans le film Battleship visiblement), les portes-avions nucléaires sont de bons successeurs à ces monstres des guerres mondiales.
La marine et le contrôle des océans est vital pour le Japon qui, même si il cherche à conquérir la Chine, se tourne vers le Pacifique. A ce titre, l’Impérialisme japonais va concentrer ces efforts sur un navire-amiral ultime, le Yamato.

Ou plutôt les Yamato car comme souvent, c’est le premier navire d’une classe qui va donner son nom à cette dernière. Le deuxième cuirassé à voir le jour sera le Musashi. Ils devaient être quatre à la base, mais le troisième sera reconverti en porte-avions (un truc tout nouveau) dans une sorte de loose complète.
Le Yamato est le cuirassé le plus puissant et le plus moderne de sa génération, regardez un peu: 256 mètres de long, il équipe le plus gros calibre monté sur un navire, 457 mm. t ces canons sont au nombre de 9, montés sur trois tourelles triple. Il embarque en plus 12 autres canons de 155 mm en tourelles triple et 44 canons anti-aériens (!!).
Il faut savoir en effet, que le Yamato était conçu comme une forteresse flottante capable d’engager n’importe quel navire tout en étant hors de portée des adversaires. Son blindage de 41 cm au plus épais lui garantissant une excellente résistance.

Malheureusement pour lui, l’époque des navires aux lourds canons (croiseurs, cuirassés) arrive à son terme. en effet, les Etats-Unis misent beaucoup sur l’aéro-navale et les portes-avions. Et désormais ces lourds bateaux sont des proies faciles pour les Helldiver et les nuées de Corsair. C’est à  ce titre que le Yamato reviendra en cale sèche pour voir sa défense anti-aérienne renforcée car beaucoup trop légère pour les combats qui s’annoncent.
Ca ne l’empêchera pas de se faire endommager par un Helldiver en 1944, où en une seule bombe il fut obliger de rentrer en réparation. Bloqué à quai pour les autres batailles face aux E.U, il reviendra en avril 1945 pour l’Opération Ten-Gō. Cette opération du désespoir démontre l’aveuglement des japonais qui va utiliser son navire-amiral d’une façon bien curieuse: le Yamato doit faire diversion en attaquant la flotte de soutien américaine pour ensuite s’échouer volontairement sur une île voisine où le cuirassé servira de batterie cotière.
En gros, on lance le meilleur navire à l’attaque pour le faire s’échouer, bravo les gars…
Sans aucune couverture aérienne (elle est reconverti en kamikaze pour attaquer le gros de la flotte), la flotte japonaise et le Yamato se feront foudroyés par les Helldiver et les torpilles qui détruiront une réserve de munitons. Le navire très endommagé a réussi à tenir longtemps sous le feu (deux bombes sur le pont ne l’on pas ralenti) mais il fini coulé à 200 km d’Okinawa, sur les 2750 hommes d’équipage, 269 survécurent.

Il est fini le temps des navires géants que l’on dit invincibles. Avec la fin du Yamato, c’est tout un pan de l’art de la guerre qui disparait. Désormais la guerre sur mer se remporte avec des avions que l’on projette au moyen de bâtiments spécialement conçus pour, les porte-avions.
Mais la guerre va changer encore plus quand les Etats-Unis réfléchirons eux à leur propre arme ultime. Et en contradiction avec tous les exemples précédents, cette doctrine de l’arme ultime va se révéler efficace.

Les engins de destruction massive.

Rubrique assez courte car je vous renvoie d’abord à cet article:

Avec la génèse de la bombe, on remarque que les Américains ont eux aussi chercher l’arme ultime qui pourrait faire plier un pays en une fois.
Si l’utilisation de la bombe atomique est sujette à caution dans le cadre de la fin de la Seconde Guerre Mondiale (volonté de tester l’arme? de mesurer ces effets? d’accélérer la guerre? le Japon allait-il se rendre sans un tel bombardement?).
Toujours est-il que pour la première fois la doctrine de l’arme ultime va fonctionner et ce n’est que le pays qui arriva à égaler cette création, l’URSS, qui pourra prétendre à contrôler une partie du globe. L’arme de destruction ultime, dans ce cas précis à donner non seulement la victoire militaire mais aussi la prédominance diplomatique pour les décennies à venir. Et d’ailleurs aujourd’hui, aucun pays ne peut prétendre avoir un poids militaire suffisant si il ne dispose pas lui-même de l’arme nucléaire.

L’arrivée de l’arme de destruction massive dans la fiction.

Cette chronologie nous montre comment on a glissé progressivement de l’arme conventionnelle que l’on pense toujours plus grande/grosse/rapide à la question de la destruction ultime, celle qui ne laisse rien et condamne un gouvernement à se rendre au risque de se voir littéralement rayé de la carte.

Ce qui était un fantasme de mythes, de dieux et de légendes est désormais réalité. En contrôlant l’atome, l’Homme devient le pourvoyeur de sa propre destruction. Là où seules les catastrophes naturelles pouvaient nous remettre en cause en tant qu’espèce (les dinosaures en savent quelque chose). L’Homme doit maintenant appréhender une nouvelle problématique, vivre avec la menace/la possibilité de sa fin à court terme, voire même sur un malentendu.

L’Homme saura-t-il contrôler cette puissance? Devra-t-il s’en servir pour des causes justes? Légitimes? Et qu’elles seront ces causes? Une menace mondiale venue de l’espace (météorite)? Une menace étrangère ou plus qu’étrangère (extra-terrestre)? Ce sont les oeuvres de fiction qui se chargeront d’apporter des réponses à cela et nous allons voir maintenant que les réponses changent radicalement suivant si l’on est du coté de celui qui a appuyé sur le bouton rouge ou du coté de la victime de la bombe.

L’arme ultime et le point du vue du vainqueur: Les œuvres de fiction américaines.

C’est un fait, en deux bombes atomiques, les Etats-Unis ont accéléré la chute de leur adversaire du Pacifique. Le Japon qui était jusque là certain de sa force portée par un nationalisme aveugle vient de subir le feu de deux armes de destruction massives. L’Empire d’Hirohito était certain de se mesurer à un pays décadent où une seule attaque (Pearl Harbor) aurait freiner toute vélléité d’ingérence dans la conquête du Pacifique. Les partisans du combat unique, de l’arme absolue sur mer (supra: le Yamato) vient de se faire battre sur sa propre doctrine en subissant deux bombardements qui ont couté la vie à 100 000 personnes (moyenne des fourchettes basses et hautes du nombre de victimes).
Les Etats-Unis eux, sortent triomphant de cet affrontement, et même si le bilan humain reste lourd, le pays n’a à déplorer aucune destruction sur son territoire.
Les maitres temporaires de la bombe atomique deviennent ceux du monde avant que l’URSS ne les rattrapent pour disputer la Guerre Froide.
Il ressort de cette victoire de la bombe un rapport ambigu que les Etats-Unis font cultiver avec elle. Dans les fictions, la bombe atomique est souvent une menace pour le territoire américain mais elle est aussi une solution viable, un remède logique aux  nombreuses problématiques que la fiction va poser.
Non, la bombe atomique n’est pas le mal, il faut juste savoir s’en servir, et s’en servir pour le bien.
Vous voyez tous à quoi je veux faire référence: qu’il s’agisse d’un météore qui a la fâcheuse idée de croiser notre route (Armageddon), ou d’un tremblement de terre qu’il faut stopper (dans je ne sais plus quel téléfilm que j’ai vu sur TF1 😆), c’est la bombe atomique que l’on va mobiliser pour repousser/détruire la menace.
Notez comment la bombe est utilisée non pas pour lutter contre d’autres pays (sauf si on est un méchant) mais toujours pour résister face au sort, face aux forces de la nature. La bombe H se pose presque comme un instrument divin que l’Homme aurai mis entre ses propres mains pour qu’il puisse lutter à armes égales contre la fortuna ouDieu lui-même et incarné dans une nature hostile. L’arme absolue dans la fiction américaine (occidentale plus largement) est le symbole de cette volonté qu’a l’Homme de chercher à contrôler son propre destin.

Mais quand ce n’est pas la nature, Gaïa ou Zeus qui s’énerve, ce sont les extra-terrestres qui ont curieusement l’envie de nous poutrer la tronche. Là encore, cette problématique qui nous dépasse trouvera sa solution en ayant recours à notre arme ultime.
La chose est particulièrement frappante dans Independance Day: Une première bombe atomique est tirée sur un vaisseau à Houston mais ce tir est un échec. Est-ce là une preuve cinématographique que la Bombe H n’est pas la solution à tout? Que nenni! Elle démontre que le Président n’aurait jamais du tirer sur le sol sacré des E.U et que la bonne solution est tout simplement une bombe plus puissante et surtout dirigée vers le centre névralgique de l’intelligence extra-terrestre. Et si on peut rajouter un sacrifice c’est encore mieux.
Pour les Etats-Unis, quand la bombe H ne marche pas, il suffit juste d’en tirer une autre, ailleurs…

Mais le concept de l’arme ultime salvatrice ne s’arrête pas là. Certes, la bombe H a souvent réponse à tout, mais ça reste quand même polluant, meurtrier et dangereux pour les humains. Là où dans la vision de l’arme ultime les Etats-Unis vont faire très fort, c’est dans la création et presque la systématisation dans les fictions de ce que je nomme, pardon pour l’expression triviale (et c’est volontaire), « l’arme anti-méchants« .
Je vais expliciter et démontrer cette notion à travers deux exemples vidéoludiques.
Dans les jeux occidentaux qui se déroulent dans un cadre futuriste et/ou extra-terrestre, il arrive très (trop) souvent que l’humanité soit sous la menace d’un envahisseur fort belliqueux. Ce dernier sera d’ailleurs souvent invincible et/ou en surnombre. C’est à ce moment là que pour sauver l’humanité (faible, inférieure en technologie) va intervenir l’un des deus ex machina les plus commun de notre temps, « l’arme anti-méchants ».
Elle est toujours une arme destruction massive, d’une technologie inconnue (mais pas forcément) et il suffit de l’activer pour que la grande menace disparaisse purement et simplement. Souvent c’est une décharge d’énergie, une vague lumineuse qui est totalement inoffensive pour l’homme mais qui est nécessairement fatale aux méchants.
Dans Mass Effect 3, c’est le Creuset qui a été laissé par une race E.T. indéterminée, mais qu’ils n’ont pas eu le temps de finir, (comme par hasard). C’est à Shepard de parcourir la galaxie pour l’achever et tous nous sauver. Ou pas, mais ça c’est un autre débat.

En effet, même si le désormais célèbre triple choix de la fin de Mass Effect semble suggérer une démarche scénaristique « mature » et plus subtile que de simples notions de bien ou de mal, on en reste toujours à un dispositif assez mystérieux, tout-puissant et qui résout les problèmes assez simplement. (Mais oui, ça utilise les relais cosmo-machin là, et ca détruit les méchants partout en quelques secondes).

Beaucoup moins subtiles est la démarche de Gears of Wars 3, où le père de Marcus Fénix, scientifique (putain, on dirait pas…) mets au point/découvre le rayon anti-Lambent. Très simple d’utilisation là encore, il suffit de le brancher pour que la menace disparaisse simplement. Mais bien sûr on rajoute un petit sacrifice pour rendre le tout plus dramatique.

Ces deux exemples démontrent bien la vision curieuse qu’ont les occidentaux de l’arme ultime. Elle est une sorte de version idéalisée de l’arme atomique où même si elle est compliquée à mettre en œuvre, elle s’avère simple d’utilisation et d’une efficacité assez impressionnante.
Et plus que cela, l’arme ultime devient dans la fiction ce que son utilisateur en fait. Ainsi, un « méchant », rendra la bombe atomique aussi méchante que lui: elle aura pour cible la population civile, elle irradiera les personnes, détruira l’environnement… Bref, elle fera des trucs de méchants. Au contraire, voyez comment dans la fiction l’arme ultime se pare des vertus des « gentils », des héros quand ce sont eux qui l’emploi. Elle devient indispensable et ne fait aucun dégât autre que celui pour lequel on l’utilise. Dirigée vers un météore, elle détruira juste l’objet céleste, dirigée vers des extra-terrestres, elle tuera juste les aliens belliqueux. Et d’ailleurs à aucun moment il ne sera question des conséquences quand on a à faire à l’utilisation de l’arme absolue des « gentils » (environnement, effet sur l’Homme, débris spatiaux, IEM…).

Les Etats-Unis ont au final une vision idéalisée de l’arme qu’ils ont créés. Persuadés que leurs valeurs sont justes, ils sont les garants et les gardiens de ce pouvoir, et cette idée est profondément ancrée en eux car la chose transparaît par les œuvres de fiction. La bombe H n’est pas utilisée pour le mal mais pour sauver l’humanité et à ce titre, elle ne peut pas être néfaste. Mais il est facile de conserver cette position quand on est du coté du bon coté du bouton rouge. Voyons maintenant comment le Japon accueille dans les œuvres de fiction l’utilisation d’une arme absolue.

L’arme ultime et le point de vue du vaincu: Les œuvres de fiction japonaises.

Poussé par le nationalisme exacerbé et l’impérialisme, le Japon était convaincu de son invincibilité. Pensant que les Etats-Unis était un pays faible et sans volonté, les forces de Hirohito ont attaqué la base de Pearl Harbor pensant effrayer les Etats-Unis sur leur continent et les laisser se tourner vers l’Atlantique.
Mais malheureusement, on attaque jamais impunément l’Amérique et cette attaque surprise, bien loin de provoquer les destructions que l’imagerie populaire laisse entendre (à ce sujet, vous pouvez vous tourner vers le magazine Guerres&Histoire qui m’a fourni la plupart des matériaux historiques de cet article), Pearl Harbor à surtout énervé les Américains et à précipiter leur entrée en guerre (ils ont perdus peu de bâtiments dans cette attaque, les autres étant surtout endommagés, ils auront le temps d’être réparés, modernisés et de connaitre le feu).
Les représailles iront loin car le Japon et vous el savez, sera le seul pays à subir un bombardement atomique qui visait en plus des populations civiles. Cet évènement à laissé un traumatisme durable et même si il n’est pas visible ou revendiqué en permanence, il transparait symboliquement dans beaucoup de jeux vidéo, d’anime, de films avec Godzilla notamment.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que pour les œuvres de fiction japonaise, il convient de se servir d’une terminologie plus générique que celle de bombe atomique. En effet, alors que pour l’occident la figure de la bombe atomique ou d’une de ses modalités s’est imposée dans l’imaginaire comme arme absolue, ce n’est pas du tout le cas au Japon, où la figure même de bombe atomique est peu représentée. Si certes on voit toujours une bombe atomique comme menace/solution de Resident Evil, c’est au final un prétexte qui répond à un poncif occidental plutôt que le fruit d’une réflexion personnelle.
En lieu et place de la bombe H, le Japon va lui, s’attacher à une pléthore d’image, d’armes différentes aux designs complexes, aux features alambiqués qui reprennent le rôle de destructeur ultime. Nous allons voir par le biais de plusieurs exemples que la représentation d’armes de destruction massive correspond aux divers degrés de traumatisme (inconscient ou non) que l’on subit quand on été soi-même victime de la bombe.
Avant d’aborder ce chapitre en détail, il me semble nécessaire de faire un distinguo précis. En effet, les armes ultimes dont nous allons parlé ici sont des objets inanimés, des armes au sens propres du terme. L’imaginaire japonais est friand de robots, de vaisseaux au potentiel destructeur sur-puissant. Cependant, si ils ont souvent un rôle « positif » de héros, c’est avant tout parce qu’il est personnifié. Il s’intègre dans un corps à dimension humaine comme Astro de Astro Boy ou KOS-MOS de Xenosaga. Si il ne peut avoir cette dimension là alors il ne sert que comme porteur de la volonté du héros bien humain lui.
Les armes dont il sera question ici ne sont pas personnifiés, elles existent par elles-mêmes sans conscience, avec juste un dirigeant/dictateur aux ambitions mauvaises. Et c’est d’ailleurs en cela qu’elles sont perçues comme néfaste. Elles sont aveugles tout comme les bombes de Hiroshima et Nagasaki le furent, là où l’arme/vaisseau/robot du héros fusionne, parfois littéralement, avec ce dernier et revêt donc sa personnalité.

L’une des armes ultime emblématiques du jeu vidéo est le Sister Ray de Final Fantasy VII. Si ce canon géant est un digne successeur fictif de Dora il est aussi le symbole de deux corollaires à la bombe atomique et en cela il est perçu négativement. Arme maitresse de la Shinra, le Sister Ray est avant tout le symbole du complexe militaro-industriel.

Toujours à la pointe des lobbies pour faire pression sur les États, le complexe trouve un écho dans la Shinra, ce conglomérat tout-puissant qui contrôle la distribution énergétique comme le font les groupes pétroliers.
Si la Shinra est un symbole parlant de l’industrie de guerre, le canon est lui vu comme une arme ultime prompte à résoudre tous les problèmes que rencontre le monde de Final Fantasy VII.

Et même si il rend service à nos héros en brisant le bouclier sur la Cratère Nord, il ne faut pas oublier que ce canon tire du Mako. Si la Shinra voit dans cette ressource une espèce de pétrole bon à prendre, nos héros eux savent qu’il s’agit en fait du « sang » de la Planète, de ce qu’il l’a fait vivre et qui est constitué par les âmes de toutes les créatures défuntes. Le Sister Ray détruit impitoyablement des âmes pour suivre un but égoïste de domination technologique. De même ce canon va par deux fois tuer les Armes, des créatures uniques créés par la Planète. Le Sister Ray rappelle que se servir d’un tel canon a un coût qui ici est écologique. Final Fantasy VII est un jeu qui fait écho à la pollution radioactive des armes atomiques, car même si elles ont une efficacité, les fictions occidentales semblent oublier ce coût, chose pratique quand on a pas subit soi-même deux bombes atomiques sur son sol.

Si les tirs atomiques ou affiliés sont toujours inoffensifs pour les humains aux Etats-Unis (météorites et extra-terrestres sont loin (et ça ne compte pas comme êtres vivants)), au Japon les victimes sont-elles toujours montrés. Que ce soit l’injustice de l’attaque de population civiles innocentes (Gundam SEED Destiny) ou le gaspillage de vies de soldats par des leaders sans scrupules (Code Geass), la fiction japonaise n’hésite pas à montrer les vrais conséquences de l’utilisation de telles armes en les ramenant à leur échelle humaine. Cris, pleurs, corps emportés par le souffle, quand ce ne sont pas des irradiations extrêmes (le GENESIS de Gundam SEED) rien n’est épargné et reflète bien l’injustice subie par le traumatisme de la bombe.

Un autre jeu, Valkyria Chronicles, symbolisera un autre aspect néfastes des armes de destruction massive. En effet, les héros lors de leur dernier combat doivent se mesurer au Marmota, un croiseur terrestre très inspiré du Monster allemand visiblement. L’engin, proprement titanesque, fonce vers la capitale de Gallia avec l’objectif très précis de voler un artefact géant dissimulé dans le château royal. Pour ce faire, le Marmota va littéralement écraser la ville et défigurer à jamais les monuments de cette mignonne bourgade. Si le jeu, assez naîf, occulte l’aspect humain de la chose, il est étonnant de remarquer qu’il pense à un effet collatéral des armes de destruction massive à savoir la perte irrémédiable du patrimoine, de l’Histoire d’un lieu qui disparait pour toujours en quelques secondes. Un bon point donc pour ce jeu et surtout une preuve supplémentaire que les armes de destruction massive n’ont pas l’innocuité que l’occident veut bien leur voir et leurs trouver.

Notons aussi que le jeu, avec Alicia, démontre une nouvelle fois l’idée de l’arme ultime personnifiée et donc bénéfique au contraire de l’acier aveugle et sans subtilité. Le respect de l’humain, du vivant passe avant tout et à plus de pouvoir (le pouvoir de la volonté et de l’amitié dans le shonen) que la technologie et son utilisation destructrice. (même si le héros en question peut et va tout détruire sur son passage… ^^)

La fascination qu’inspire ces armes démontrent toujours qu’elles auront un avenir durable dans l’imaginaire collectif et dans les oeuvres de fiction. La sensation grisante de puissance mobilisée par la volonté perpétuelle de l’Homme a aller toujours plus loin pour le meilleur et le pire est indissociable de notre destinée.
Si aujourd’hui l’armement conventionnel recule de plus en plus dans l’optique d’un conflit moderne (arrivé du conflit assymétrique), les pays les plus puissants recherchent toujours l’arme absolue mais en modifiant leur philisophie. Au lieu de puissance on recherche la sécurité avec les drônes. Au lieu de plus de vitesse, on cherche la victoire électronique avec le F-22 Raptor.
L’arrivée et la généralisation de l’arme atomique donne maintenant à cette arme un rôle de plus en plus mineur, les Accords SALT désarment les pays, la prise de conscience des dégâts collatéraux et le manque de discernement de ces armes les rendent obsolètes et stupides. Il n’y a plus que les pays émergents à vouloir se démarquer avec une bombe atomique pour espérer être écouté.
Cette philosphie se retrouve dans les fictions avec l’évolution progressive de l’arme atomique salvatrice vers l’arme « anti-méchants » parfaitement discriminante et sans danger pour l’humanité.
Après avoir fantasmé sur toujours plus de puissance et de destruction, voilà que l’on rêve d’une arme « inoffensive » qui résout juste les problèmes qu’on lui pose, mais cette version idyllique trouve toujours son contre-poids car les victimes de la destruction aveugle de l’atome sont toujours là pour rappeler que la guerre fait des morts, des veuves, des orphelins et est et ne sera jamais propre ou chirurgicale.

La folie technologique décrite dans ces colonnes devraient nous le rappeler.

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