Mechadesign #5: Real robot/Super robot

Sirtank, c’est un gars qui pose les bonnes questions. Et avec la clairvoyance qui le caractérise, il avait constaté que dans Code Geass, le design des mechas évolue, passant au début par des tas de tôles sans grand charisme pour finir au mecha ultra évolué à l’apparence quasi-angélique voire carrément divine.
Tu t’es même demandé, mon ami, (oui, je passe en adresse directe car j’espère que tu lis ces lignes) si le phénomène était commun à toutes les séries mechas.

Cette curiosité t’honores, même si le fervent pacifiste que tu es n’est guère attiré par les séries de mecha contrairement au belliciste indécrottable que je suis.

Et bien la réponse à ta question est oui.

Je pourrai tout à fait m’arrêter là avec cette réponse concise, abrupte mais néanmoins limpide.

Mais c’est mal me connaitre, parbleu!
Habitué à faire des pavés, (même si je n’arrive pas à la cheville du petit orteil de Liehd, le over-maître en la matière tant pour la quantité que pour la qualité), je ne pouvais raisonnablement ne pas expliciter tout cela sans images et radotages.

Parler de cette évolution du mecha dans une série me permettra de vous présenter par ailleurs le distinguo classique que l’on opère entre des séries mecha, car il serait fâcheux et même vexant de les mettre dans le même panier.

Oui, dans toutes les séries mecha, l’évolution du matériel obéit à une logique spécifique.

Mais avant de détailler cela, montrons que les séries de mecha se divisent en deux catégories: le real robot (celle qui tient le flingue au plasma) et le super robot (celle qui creuse).

Le real robot classique, c’est Gundam. Ce sont des séries où les mechas ne sont que des outils, ils sont nombreux, remplaçables, réparables et soumis à des contraintes réalistes, choses que j’ai, je pense, longuement décrites dans ces colonnes. Tous les Gundam, Macross, PatLabor, Code Geass et Full Metal Panic entrent dans cette catégorie.

Outre les caractères spécifiques que revête les machines dans ces univers, on note aussi une propension à proposer des intrigues militaires et géopolitiques, mâtinés, quand c’est bien fait, de questionnement typiques de la SF comme la réflexion sur l’eugénisme de Gundam Seed Destiny par exemple.

Le super robot, lui, c’est Goldorak ou Grendizer (quand on veut faire genre je m’y connais en anime). Les machines sont ici démesurées, surpuissantes, elles n’obéissent a aucune réflexion sur l’armement, l’aérodynamisme ou une quelconque contrainte technique et proposent d’ailleurs un design bien barré comme il faut. Là où une série real robot va nous proposer une intrigue sur la longueur, la série super robot va proposer un format typique des Super Sentai avec un monstre unique par épisode qui va apparaitre/se battre/se faire casser la gueule en 24 minutes générique inclus.

Là encore, exemple typique avec Goldorak, où le Grand Stratéguerre nous sort de ses usines une créature, mix improbable entre une soucoupe volante et un reptile/insecte. Celle-ci, dotée d’une nouvelle feature que Véga juge exceptionnelle (comme un iPad3) doit permettre de conquérir le monde. Actarus, sera alors appelé en urgence de son ranch, il piquera un petit sprint, lancera un coup de METAMORPHOSE et empruntera la route numéro 7. Là, il suffira de trouver le trick pour latter le Golgoth ramenard et Stratéguerre nous gratifiera d’un:

« Je reviendrai et ma vengeance sera terrible! ».

Fin de l’épisode.

D’un point de vue mechadesign, le super robot ne change pas de forme, ou du moins n’est pas remplacé, il est trop emblématique pour cela. Par contre, on lui colle des add-on qui augmentent ses capacités et qui permettent en plus de donner quelque chose à faire aux side-kick du héro (genre Alcor ou Venusia). Le real robot lui, peut être remplacé si il est détruit.
Ce changement répond alors à une certaine tradition. Dans Gundam, le héros a une machine de base au design assez ressemblant d’une série à l’autre, elle montre un design simple et un armement basique.

Cette machine fonctionnera quelques temps, puis, suite à un duel de milieu d’anime brutal et violent, notre héros se verra opposer la subjectivité radicale de l’antagoniste principal (comme dirait Kendy) qui poutrera notre héros et détruira sa machine.

Le héros, en proie au doute, à l’introspection et aux questionnements d’une profondeur aristotelicienne (Pourquoi les gens se battent-ils? Ne serait-il pas mieux d’être tous copains? La guerre, c’est quand même pas bien!), se verra alors attribuer le stuff ultime, le mecha qui défonce. Alors, porté par ses nouveaux idéaux pacifiques qui dicteront désormais sa conduite, notre protagoniste imposera la paix à grands renforts de plasma, de beam rifles et de canon à particules. A titre d’exemple, j’estime que le Freedom de Kira dans Gundam Seed et Seed Destiny doit être à 30 000 victimes, (à 2-3 poils de cul… comme dirait Léodagan) tous bien sûr, carbonisés dans leur mecha pour stopper les guerres, fait naitre l’amour entre les peuples, imposer la tolérance et le respect de toutes les créatures vivantes. Si vis pacem, para bellum.

 Le mecha est le reflet de son pilote. Et ce même pilote, par ses prises de conscience, murit.

Le Strike de Gundam Seed, un bipède classique mais qui dégage une certaine classe.

Cette maturité, cette évolution prends parfois la forme d’un pouvoir ou d’une capacité spéciale du héros (le Seed de Kira, les Whisper de Full Metal Panic!), mais elle se retrouve surtout dans le mecha, où certes la machine prends en poids et en taille mais gagne aussi de nouveaux attributs. Et c’est là qu’on arrive aux designs « angéliques » des

machines. Une image étant toujours plus évocatrice qu’un long discours, jugeons quelques exemples sur pièces.

Le Aile Strike, ca y est on rajoute deux paires ailes, on prend du galon.

Alors attention, maintenant on passe un cran au-dessus.

Maintenant attention les yeux, on se transcende, on dépasse la subjectivité matérialiste et on devient un Ubermensch nietzschien

Et bim! Le design séraphique qui arrache la gueule! Six paires d’ailes brillant d’un éclat quasi divin, un regard fier, bref, Le Freedom guidant le peuple, c’est beau c’est du Delacroix.

 Vous pensez avoir atteint le niveau max?

Vous croyez vraiment qu’on peut s’arreter la?

Nenni! Nous allons tailler des lendemains qui chantent dans l’acier avec une cadence stakhanoviste! Pour cela il faut s’équiper du METEOR (Mobile-suit Embedded Tactical EnfORcer)

On y met dedans 100 000 missiles et deux mega beam saber de 10 km de long chacun. Hardi compagnons! Allons sauvez le monde en exterminant les 2/3 de sa population en multipliant le nombre de débris dangeureux dans l’espace de 20 000 %!

 Voici le monstre à l’oeuvre.

Pour expliciter l’évolution des designs, voic un petit AMV de combat vous noterez les ailes brillantes, les canons turgescents et autres tirs visant à imposer sa virilité.

Tout aussi parlant dans l’évolution, je vous ai parlé de l’évolution intermédiaire, celle qui intervient en bousillant nos héros, mais en les faisant revenir mieux stuffé, démonstration en image avec Gundam 00 (série que je recommande chaudement)

Le modèle de base à gauche, son évolution juste à coté, c’est la phase: « on rajoute des bidules en plus ».

Dans le genre bien stuffé aussi, le Seven Swords.

Evolution assez similaire dans Gundam Wing, exemple ici

Chez Code Geass, on retrouve cette prise d’aile avec le Lancelot, qui commence au sol

 Et qui fini dans les airs, comme toute bonne série mecha qui se respecte, Gundam lui finit dans l’espace, c’est des intrépides.

Les séries super robot auront elles plus tendance à jouer sur la taille du mecha. Déjà qu’a la base ce ne sont pas des petites machines, on peut arriver très vite a des proportions gigantesques, l’exemple le plus parlant dans ce domaine étant bien sûr Gurren Lagann.

On commence cool, genre 2 m de haut.

Là on grandit un peu, on note bien les détails WTF typique des Super robot.

Alors, là… On est à 300 m de haut à peu près. Et normalement vous comprenez bien le distingo au niveau du mechadesign.

 Bon on va arretez là les betises. Par contre on va conclure ave un mea culpa sur Mass Effect, car j’ai parlé de son mecha design que je trouvais insuffisant. Je le pense toujours pour le Normandy, mais je révise mon jugement sur les armes après avoir fini ME 3. Beaucoup plus diversifié, n’hésitant pas à renouveler les formes, c’est un design réellement réussi que j’ai jugé avec trop de hâte.

Je pourrais parler aussi de Tali, de la fin du jeu, mais bon on va attendre que ca se calme, je ne voudrai pas contribuer à la surcharge ambiante.

 Et c’est toujours pas fini, on rajoute quelques images de free mecha design

 

Du snipe, du mecha, une gothic lolita, Cecilia Alcott, mon perso préféré de Infinite Stratos (ca reste une série très bête mais j’assume)

Oui, oui, Madoka Magica version Gundam… j’aime bien ce genre de délire.

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