Versailles

Dans mon collège, le CDI était un endroit que l’on évitait dans la mesure du possible. Gouverné par un documentaliste coincé du cul au strabisme perturbant, la place ne faisait pas bon vivre. Sachant en outre que beaucoup de ces petits cons de collégiens sont des allergiques aux livres, on devine aisément qu’il faut être contraint par un exposé d’histoire pour y mettre les pieds.
Nous sommes en 1997, et je m’y plait dans ce CDI. C’est l’endroit où on me fait le moins chier, où j’ai découvert au détour d’un rayonnage Le Seigneur des Anneaux et où je peux assouvir mon besoin de connaissances et lire une petite BD de temps en temps.

Mais nous sommes en 1997, et cette donne va radicalement changer, car 97, c’est l’année où un PC du CDI, qui tourne sous Windows 95, va avoir l’insigne honneur de recevoir le premier jeu vidéo autorisé à franchir légalement le portail du collège: (roulements de tambour) Versailles.

Ce point ‘n’ click vous met dans la peau de Lalande, jeune valet qui sera chargé d’enquêter subtilement contre un pamphlétaire qui menace notre bon vieux Louis XIV.
Serious game alors que le terme apparaitra 10 ans plus tard, le jeu avait pour but de nous impliquer dans l’histoire de France au XVIIème et de nous faire connaitre ce joyau de notre patrimoine qu’est le château de Versailles.

A partir de là, le CDI sera pris d’assaut, tous voudront squatter le PC entre midi et deux pour progresser au fil des Actes, qui reprennent le découpage d’une journée typique du Roi, du levé au couché.
Beaucoup se lanceront dans l’aventure mais peu y mettrons un terme, car l’Acte I s’est révélé retors pour beaucoup, et le seul objet crédible à notre disposition semblait être une petite clef et une paire de ciseaux. Pendant des semaines, tous ceux qui prétendaient à une pause vidéoludique erreront dans les salles de Versailles à la recherche de la fin de l’Acte I.
Et c’est dans une conversation qu’un de mes amis (grand joueur PC) lâchera nonchalamment « Ah mais les ciseaux faut s’en servir pour ouvrir le coffre ». Créant ainsi une ruée vers le CDI pour voir enfin la fin de l’Acte I, avant de tous se rendre en LV2 (espagnol).

Ainsi, au fil des blocages, c’est cet ami qu’on viendra consulter (pendant que votre serviteur faisait le MJ ^^). Lui comme nous autres, en temps normal déconsidérés par ces ados cruels et imbéciles, se verra mis au centre des attentions et des questionnements car il avait réussi à masteriser Versailles. Le geek devenu héros, comme dans un teen movie.
Je n’aurai que peu le loisir de toucher moi-même au jeu, car mes heures d’études étaient mal placées… 

D’ailleurs, je vais regarder si le jeu n’est pas en abandon-ware pour voir si je peux enfin le terminer.

Mais pendant que ces petits cons lisaient « Je m’en vais mais l’Etat demeurera toujours » et chouinaient à la moindre énigme, nous, nous moquions depuis longtemps de Georges Stobbart et de ses poches de veste où l’on range n’importe quoi, on éclatait de la taule sur Destruction Derby 2 et des gens sur Die Hard.

Ouais, même sans connaitre le terme, en 97, les casu nous faisaient déjà chier…

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