Les armes emblématiques du jeu vidéo #2: Le fusil de précision.

Arme incontournable dans tous les jeux d’action, le fusil de précision ou fusil à lunette ou fusil de sniper est une arme doté d’une aura forte qui l’a rend irrésistiblement attirante pour certains joueurs, au point que certains en font leur arme de prédilection ou que certains gameplay la mette en avant. Cette aura est tellement forte que certains jeux en font leur sujet/élément central.

 

Un classique de cette catégorie, le Dragunov.

Comme pour le précédent article, nous allons tout d’abord parler technique.

Le terme « fusil de précision » ou « de sniper » est un terme impropre. Déjà ça commence bien… Je ne prétend faire la leçon ou changer les habitudes, mais il est vrai qu’il faudrait parler plutôt de « carabine de précision ». En effet, le canon d’un fusil est lisse et celui de la carabine rayée (c’est ce qui distingue les deux termes). Les rayures impriment un mouvement rotatif à la balle (chose bien mise en valeur dans les ralentis de Nicky Larson) qui accroit sa portée et sa précision. Vous vous doutez donc bien que chaque arme de précision à un canon rayée.

Que nous dit Wikipédia sur le sujet?

On y apprend que les fusils de précisons se distinguent en 3 catégories:

-Tout d’abord les fusils d’assaut modifiés, comme par exemple le bon vieux M-16 auquel on adjoint une lunette, une crosse plus ergonomique et un bipied.

-Viennent ensuite les armes spécialement conçues pour le tir de précision ou dérivé d’armes de chasse qui sont souvent de plus gros calibre que les fusils d’assaut. (comme le PSG-1 de Metal Gear Solid)

-On termine enfin par les armes de gros calibre, beaucoup plus récentes, qui servent au tir à longue distance (plus de 2 km), utilisé pour les tirs anti-matériel ou anti-sniper. (exemple: le Barret M-82 que vous pouvez voir dans l’image de présentation de ce blog).

Utilité du fusil de précision?

Deux utilités principales: 

-Tout d’abord, comme tireur de soutien dans un groupe de combat. On l’appelle alors « tireur de précision » ou « tirailleur ». Il possède un fusil de précision comme d’autres dans le groupe se retrouvent avec le lance-grenades ou la mitrailleuse lourde. Couvert par ses camarades, il a le temps de choisir ses cibles et donc de gagner en efficacité. Il tire à moyenne portée et utilise plutôt une arme de la première catégorie.

-Ensuite vient le tireur embusqué. Lui porte le nom de « sniper ». Il opère seul ou en binôme/trinôme. Les autres soldats servent d’observateurs (qui transmet des infos météo notamment voir le film « Jared« ) ou de protection rapproché pour le sniper. Ils opèrent sous camouflage, avec pour objectif principal d’abattre les officiers adverses, les sapeurs, les transmissions…

Un sniper peut aussi servir pour des tirs de:

-Déminage: Détruire des charges explosives terrestres ou marine à l’aide de munitions spéciales fait parti des attributs du sniper

-Contre-snipe: On emploi souvent des fusils de gros calibres pour toucher les snipers adverses sans risqué soi-même une contre-attaque.

-Anti-matériel: Les nouveaux gros calibres permettent de neutraliser des véhicules non-blindés, des radars ou même des hélicoptères à basse altitude.

Le principal intérêt d’un tireur de précision est de pratiquer un tir discriminant, permettant de toucher des cibles précises, en limitant les dommages collatéraux.

Le sniper dans le jeu vidéo.

Alors que tout les jeux parlent de sniper, il est intéressant de noter qu’il y a en fait très peu de sniper dans les FPS/TPS.

En effet, si l’on reprend la définition ci-dessus, est un sniper le soldat qui opère seul dans la discrétion. Or, dans les Call of Duty notamment, il est commun que l’on se retrouve avec un choix d’arme vaste et avec des bots alliés avec soi. On constate alors que l’on devient « tirailleur », c’est à dire que pendant que les bots se font tirer dessus, vous avez tout le loisir de sortir votre Dragunov et d’aligner vos ennemis. Les tirs sont donc à courte/moyenne distance, ce qui rentre dans les attributions du « tireur de précision » mais pas du « sniper ».

La plupart des jeux d’action se placent donc dans cette catégorie là, et on constate qu’un vrai jeu de sniper est en fait une chose plutôt rare. En arcade, on peut noter la présence de Silent Scope, avec une borne assez immersive.

Niveau jeu récent il y a Sniper Ghost Warrior, qui pour le coup essaye de se placer sur le créneau du sniper avec la nullité qu’on lui connait. Le genre est d’ailleurs assez maudit, puisqu’il compte aussi Sniper Art of Victory, dont voici le test par Jeux de merde.com.

 Bien que le style « jeu de sniper » soit peu représenté (car pas assez spectaculaire sans doute), notons néanmoins que Metal Gear Solid propose des phases de sniper qui s’approche le plus de ce qui est réellement le travail d’un sniper (duel face à Sniper Wolf, The End et Crying Wolf).

Les jeux d’actions, au niveau du multijoueur, proposent souvent des classes de personnages qui se servent de fusils de précisions. Là encore, il ne s’agit pas de sniper à proprement parlé. La mobilité imposée par le genre colle peu avec les embuscades et l‘attente.

Le sniper reste donc un accessoire, on le note notamment dans toutes ces phases où un bot vous dit: « Prends ce fusil et couvre nous! » Oh comme par hasard! Un fusil chargé tout prêt… 

Pourtant, bâtir un jeu entier sur le postulat de départ du snipe est un excellente idée qui a ses amateurs. Alors, si il y a des amateurs d’où vient ce goût pour le sniping?

Pour botter en touche, je répondrais que c’est comme jouer à Tenchu ou Splinter Cell. 

Nous voilà bien avancés…

On constate que les deux styles de jeu partagent le même système de patience. Attendre, encore et encore pour réaliser l’action parfaite. Ces deux styles de jeu semblent faire appel à l’instinct de chasseur qui semble sommeiller de façon atavique en nous. Le snipe si prisé par certains, dont je fais parti, devient alors la catharsis de cet instinct de survie dont on nous a dépouillé depuis qu’on a inventé la pizza surgelée…

Un autre mythe pseudo-psychologue, qui s’applique aussi pour les jeux d’action en général,  essaye d’expliquer que l’on aime le snipe par délire mégalo et omnipotent. En effet, en dispensant la « mort » le joueur se comparerait à Dieu pour le conforter dans un délire fantasmatique de toute-puissance. L’explication est un peu simpliste et fait psychologue de bas étage.

Cependant, je ne pense pas qu’elle soit fausse mais qu’elle est limitée. En effet, plus que le fait de « tuer » de loin, c’est la précision qui procure le plus d’intérêt dans l’exercice du snipe. J’ai noté que toucher des cibles inertes était aussi intéressant que des méchants russes conquérants. Ce n’est pas le fait d’apporter la mort (fictionnelle) qui compte mais bien de réussir un coup précis. D’où peut venir cet intérêt? Autant demander pourquoi certains aiment les films d’horreurs ou Hugh Grant… Si vous avez la réponse, n’hésitez pas.

En terme de gameplay stricto sensu, le fusil de sniper propose plus ou moins les mêmes caractéristiques. Une arme précise à la portée lointaine qui supprime un ennemi par un coup au but (le plus souvent), ce qui le rapproche du Rail Gun. La particularité de la lunette de visée est cependant mise à mal car désormais tous les gameplay de FPS propose la possibilité d’épauler l’arme ce qui avec un viseur holographique ou un red dot équivaut à une visée au travers d’une lunette.

 

Pour finir, un peu d’histoire avec les bio rapides deux snipers célèbres.

Vassili Zaitsev (1915-1991).

Soldat soviétique durant la Seconde Guerre Mondiale, le sous-lieutenant Zaitsev est crédité d’avoir tué 225 soldats allemands durant la bataille de Stalingrad entre le 10 novembre et le 17 décembre 1942. Il forma 28 snipers qui supprimèrent à eux seuls 3000 soldats. (ca fait une moyenne de 107 par sniper!). Il créa une stratégie de tirs croisé par 3 équipes de binômes, technique toujours enseignée aujourd’hui.

Le mythe qui entoure cet « Héros de L’Union Soviétique » veut qu’il ai tué le major Heinz Throvald, alors chef de l’école de tireur d’élite allemande au terme d’une chasse de plusieurs jours. Ce fait n’est mentionné dans aucun rapport militaire soviétique et alimente surtout la légende autour de Zaitsev. On peut voir au Musée des forces armées de Moscou, la lunette de Throvald, soi-disant un trophée de ce duel. (voir le film « Stalingrad »)

Simo Hayha (1905-2002)

La Guerre d’Hiver (1939-1940) opposa l’URSS à la Finlande, la première voulant récupérer un port sur le golfe de Finlande, pour se protéger d’une hypothétique attaque de l’Allemagne Nazie sur Leningrad. 

Hayha, simple fermier finlandais, fit son service militaire comme tout le monde. Quand la guerre éclata, il décida de la mener à sa façon. Il s’installa dans une forêt et entreprit de s’y cacher pour tuer les soldats qui passait à portée.

Il est crédité officiellement de la mort de 705 soldats.

D’un petit gabarit (1.52m), il était capable de rester des heures dans la neige par des températures de -20/-40 degrés. Son talent au snipe était tel qu’il ne se servait pas d’une lunette de visée, mais juste de sa mire métallique pour éviter de relever la tête et donc de trahir sa position. Dans le même souci, il gardait de la neige dans sa bouche pour ne pas être vu par la buée de sa respiration.

La crainte qu’il inspirait était telle que les russes le surnommèrent « La Mort Blanche ». Les Soviétiques envoyèrent des commandos et des contre-snipers, sans succès. Même un tir d’artillerie, prévu pour le tuer, ne pu le toucher.

Néanmoins, vers la fin de la guerre, un contre-sniper réussit à le toucher à la tête. Vivant, mais la mâchoire en miette, il fut guéri le jour de la fin de la Guerre d’Hiver.

Très calme et très froid, il est aussi adulé que critiqué en Finlande.

Je vous parle de ces deux snipers, car il est intéressant de noter que d’un point de vue vidéoludique, qu’ils avaient tous les deux un fusil Mosin Nagant que voici.

Le joueur attentif aura noter que c’est une arme capitale de Metal Gear Solid 4. Le Mosin Nagant étant la seule arme de précision permettant de neutraliser les ennemis sans les tuer.

Ce fait, bien loin d’être une coïncidence démontre l’intelligence et le travail de documentation de Kojima. En effet, réussir une partie parfaite dans MGS 4 implique de ne tuer personne, il est alors vital de n’utiliser que les armes anesthésiantes aux munitions limitées. En utilisant le Mosin Nagant, Old Snake se place donc au niveau des deux soldats décrit plus haut. La fiction rejoint l’Histoire. Snake démontre en utilisant cette arme d’élite qu’il est lui-même l’élite et donc le digne descendant de The Boss et Big Boss. Ce détail le raccorche d’ailleurs à l’Histoire réelle, jouant encore sur la confusion réel/virtuel décrite notamment dans MGS2. L’ultime référence venant aussi du fait que cette arme est silencieuse rappelant que le cœur de MGS est la furtivité et la discrétion.

Et si le meilleur jeu de sniper était MGS?

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